Péter les plombs avec votre adolescent : comment l’éviter ?

J’ai reçu récem­ment un e‑mail qui m’a tou­chée, d’un parent m’é­cri­vant : « Je crois juste que je vais péter un câble avec mon ado, j’en peux plus. » Avec cet article, j’es­père pou­voir l’aider, ain­si que de nom­breux autres parents à ne pas “péter les plombs ” avec votre adolescent.

Tout d’a­bord avec cette cita­tion de Phi­lippe Jeam­met, pédo­psy­chiatre et auteur :

Ado­les­cents comme parents, nous devrions tous aban­don­ner nos idéaux de per­fec­tion. Croire qu’on pour­rait être par­fait est inutile ; les gens qui courent après cet idéal s’é­puisent … et épuisent les autres !

Phi­lippe Jeammet

Renoncer à la perfection pour ne pas péter les plombs

Votre ado­les­cent prend un malin plai­sir à tra­quer et à sou­li­gner vos imper­fec­tions. Par la cri­tique, il cherche à se convaincre et à véri­fier que vous l’ai­mez tou­jours, quoi qu’il fasse ou dise.

Par la confron­ta­tion, il cherche à com­prendre le monde, il cherche son chemin.

Il ne vous voit plus comme celui ou celle qui, d’un coup de baguette magique, résout tous ses problèmes.

Accepter de se sentir mal

Votre ado­les­cent espère apai­ser son agi­ta­tion en la ren­dant conta­gieuse (voir l’ar­ticle Com­ment réagir face aux émo­tions extrêmes de votre ado­les­cent ?), pour ne pas être seul pour y faire face.

Il attend de ses parents une sorte d’ac­cu­sé de récep­tion de ses excès et pro­vo­ca­tions, même si ses pro­vo­ca­tions ne signi­fient pas néces­sai­re­ment qu’il va mal.

Réagis­sez quand cela en vaut la peine, votre ado­les­cent sau­ra ain­si où se trouve la ligne rouge.

Sur­vivre à ce tumulte exige un effort de longue haleine. Vous avez le droit d’être désem­pa­ré, mais vous sou­cier de votre enfant ne signi­fie pas péter les plombs. Per­sonne n’est blin­dé. N’hé­si­tez pas à vous faire aider par un professionnel.

Ne pas se laisser pourrir la vie

Votre ado­les­cent prend ses marques à la mai­son et à l’ex­té­rieur pour se défaire pro­gres­si­ve­ment de son état de dépen­dance affec­tive et maté­rielle à votre égard.

Pour avan­cer, votre ado­les­cent a besoin que ses ini­tia­tives, dési­rs, pro­jets, soient sou­te­nus par les adultes qui l’en­tourent, mais pas sans exigences.

Votre ado­les­cent a besoin de sen­tir que vous l’aimez tou­jours, même quand votre patience est mise à rude épreuve. Sinon, il est contraint de pui­ser dans ses propres res­sources d’estime de soi, qui s’a­me­nuisent rapi­de­ment. Alors, pour se pro­té­ger, il devient cynique, arro­gant et pro­vo­ca­teur.

A l’ex­trême inverse, un amour incon­di­tion­nel évite à un jeune de faire des efforts et de se mesu­rer aux limites qu’il ren­con­tre­ra, de toutes façons, tôt ou tard.

Relativiser, relativiser

Par la prise de risque, votre ado­les­cent déve­loppe sa capa­ci­té à pen­ser, agir, sen­tir, choi­sir et faire des pro­jets. Cette recherche d’auto­no­mie par le biais des sen­sa­tions fortes, par­fois désta­bi­li­sante pour les parents, est rare­ment catas­tro­phique. En ce sens, la confiance que lui témoignent ses parents l’aide à déve­lopper son autonomie.

Les parents ima­ginent par­fois des dan­gers qui n’ont aucune exis­tence dans la réa­li­té. Si l’a­do­les­cent a par­fois besoin d’a­ga­cer ses parents pour « tes­ter leur répon­dant », leur inquié­tude per­ma­nente freine la crois­sance du jeune, qui a besoin de sen­tir que ses parents sont suf­fi­sam­ment solides pour sur­vivre à ses prises d’auto­no­mie et, à terme, à son départ de la mai­son familiale.

Cepen­dant, face à un ado­les­cent qui mal­traite son corps, faute de pou­voir l’in­ves­tir posi­ti­ve­ment : auto­mu­ti­la­tion, ano­rexie, bou­li­mie, ten­ta­tives de sui­cide, l’an­goisse des parents est jus­ti­fiée. Ils doivent réagir et deman­der de l’aide à un professionnel.

Entre parents, se mettre d’accord sur l’essentiel

Un jeune est très atten­tif à la manière dont ses parents se posi­tionnent pour déter­mi­ner ce qu’il a droit de faire ou pas, même si l’un des parents est absent ou vit ailleurs.

L’auto­ri­té paren­tale est le lait nour­ri­cier de l’a­do­les­cent, même celui-ci fait le dif­fi­cile en la matière. Il est ras­su­ré de sen­tir que la pré­oc­cu­pa­tion de son père autant que de sa mère reste réelle, quelle que soit la situa­tion du couple paren­tal. Il per­çoit ain­si que ses parents s’en­tendent à son sujet : pour l’aimer et le pro­té­ger, comme pour lui « secouer les puces ».

Les parents ont le droit d’a­voir des idées dif­fé­rentes, l’es­sen­tiel étant de se mettre d’ac­cord sur le cadre mini­mum pour aider à struc­tu­rer la vie quo­ti­dienne.

Ne pas rester seul

Afin d’être sou­te­nu dans son rôle de parent, ren­con­trer d’autres parents sou­lage, ras­sure, donne des idées, ain­si que par­ti­ci­per à un groupe de parole ou ren­con­trer un pro­fes­sion­nel.

Votre ado­les­cent peut d’ailleurs se sen­tir ras­su­ré de consta­ter que ses parents se concertent, se sou­tiennent face aux « tur­bu­lences » qu’il leur fait vivre. La posi­tion de ses parents est culti­véenour­rie par des échanges entre per­sonnes res­pon­sables, sor­tant ain­si du car­can fami­lial.

Par ailleurs, si ses parents se réfèrent à des lois socié­tales qui dépassent celles édic­tées à la mai­son, un jeune aura moins le sen­ti­ment d’être vic­time d’une tyran­nie fami­liale. Il pren­dra davan­tage conscience que ces règles sont des pas­sages obli­gés pour inté­grer la socié­té des adultes.

Lâcher les baskets de votre ado

La tra­jec­toire d’un ado­les­cent res­semble à celle d’une fusée. Pour décol­ler et s’ar­ra­cher à l’at­trac­tion ter­restre, une fusée a besoin d’un écha­fau­dage que l’on éloigne une fois les moteurs allumés.

La constance et la cohé­rence des efforts paren­taux res­semblent à la sta­bi­li­té et la soli­di­té du sol à par­tir duquel la fusée peut par­tir, tout comme l’a­do­les­cent doit s’ar­ra­cher à l’at­trac­tion paren­tale avant de comp­ter sur ses propres moyens de propulsion.

L’a­do­les­cent doit pré­ve­nir ses parents lors­qu’il sou­haite décol­ler de la mai­son : heures de sor­tie et de retour. Cepen­dant, il a le droit d’é­ta­blir et de tenir secret son plan de vol… dès lors, bien sûr, qu’il sait « pilo­ter l’en­gin ».

Entre­prendre de régen­ter en paroles et en actes toute sa vie, expose à coup sûr à une rébel­lion explo­sive.

Calmer le jeu pour ne pas péter les plombs

Être ado­les­cent, c’est se débrouiller avec un corps qui tan­tôt fait peur et tan­tôt donne un sen­ti­ment de toute-puis­sance : « Je suis le maître du monde ».

Sou­hai­tant expé­ri­men­ter cette vigueur nou­velle, votre ado­les­cent cherche par­fois un contact viril avec son père, même si son plai­sir de gran­dir dis­si­mule mal son angoisse face au chan­ge­ment.

Devant cette éner­gie qui insiste, votre rôle de parent est de faire ce dont votre ado­les­cent n’est pas encore capable : trou­ver des mots pour rem­pla­cer cette vio­lence (voir l’ar­ticle Votre ado­les­cent vous insulte, com­ment gérer ?).

Débattre

Dans la tête de votre ado­les­cent, plu­sieurs vents soufflent dans des direc­tions oppo­sées, géné­rant des idées et des dési­rs par­fois chao­tiques. Il tente alors, par des affir­ma­tions ban­cales et aléa­toires, de construire un rai­son­ne­ment que les adultes puissent valider.

De même, les rela­tions ami­cales ou amou­reuses cessent sans pré­avis, des engoue­ments éphé­mères naissent pour des acti­vi­tés, aus­si vite reje­tées qu’idolâtrées.

Votre ado­les­cent a du mal à faire preuve de cohé­rence : fra­gile, il veut être accep­té et valo­ri­sé tel qu’il est ou dans ce qu’il veut bien mon­trer de lui-même. Il craint d’être jugé, démas­qué, ou de devoir s’ex­pli­quer sur des choix qui ne sont pas encore très clairs pour lui-même.

Ado­rez-moi, mais ne cher­chez pas à voir ce qu’il y a der­rière ce que je vous montre (voir l’ar­ticle Com­mu­ni­quer avec votre ado, ce qui n’est pas dit).

En tant que parent, entrez dans le débat sur la façon dont, ensemble, vous pour­riez chan­ger les choses qui lui déplaisent.

Accepter d’être ringards

Votre ado­les­cent est assis entre deux chaises. Il est ras­su­ré que ses parents soient à leur zénith et qu’ils aient bali­sé un che­min, mais il redoute ou refuse de suivre à l’i­den­tique cette voie déjà tra­cée.

Il sou­haite suivre une route à moder­ni­ser, dont il peut modi­fier le tra­cé, sur laquelle il peut s’ar­rê­ter sur le bas-côté, réflé­chir et faire marche arrière.

Votre ado­les­cent rejette un tra­cé sur des rails qui obligent à suivre mètre par mètre une direc­tion intan­gible tra­cée par d’autres et à leur propre usage, mal­gré le « C’est pour ton bien ».
Pour avan­cer sans ris­quer l’ac­ci­dent, en limi­tant la souf­france ou la vio­lence, votre ado­les­cent a besoin d’une route avec des balises qui tiennent mal­gré le pas­sage du temps. Plus tard, sur son propre tra­jet, il ins­tal­le­ra les siennes pour la géné­ra­tion sui­vante.

Abs­te­nez-vous d’imi­ter son com­por­te­ment, de suivre la mode du « quin­qua­do » (voir l’ar­ticle Colères de votre ado­les­cent). Soit il vous trou­ve­ra ridi­cule, soit il sera ten­té de faire dans la sur­en­chère pour vous for­cer à reprendre votre place.

Poser des limites

Pour gran­dir, votre ado­les­cent a besoin de s’a­ven­tu­rer hors du champ paren­tal. Cela leur fait peur tout en le fas­ci­nant. Il a besoin d’être acteur de ce qui lui arrive pour se sen­tir exis­ter. Le che­min de l’auto­no­mie passe par l’exa­men, l’explo­ra­tion et la mise en pra­tique des res­sources de son corps et de son esprit, appor­tant une touche per­son­nelle au cours des choses, à la marche du monde.

Cepen­dant, le sen­ti­ment de toute-puis­sance avec lequel votre ado­les­cent s’en­ivre par­fois est voué à devoir com­po­ser avec des limites, notam­ment en matière d’inci­vi­li­té, de conduite périlleuse, ou de non-res­pect de la loi. Ne lais­sez pas pas­ser des choses graves sous pré­texte qu’elles sont un acci­dent de croissance.

J’ai une fois enten­du mon com­pa­gnon dire à notre ado­les­cent, dans une période dif­fi­cile : « L’a­do­les­cence ne jus­ti­fie pas tout ».

Le dépas­se­ment des limites éri­gé en art de vivre ne doit pas être consi­dé­ré comme un phé­no­mène « qui pas­se­ra avec le temps ».

Votre ado­les­cent se struc­ture en per­ce­vant les limites fermes et cha­leu­reuses de ses parents ou des pro­fes­sion­nels aux­quels vous deman­dez de l’aide quand vous en res­sen­tez le besoin.

Garder le lien avec votre enfant

Votre ado­les­cent met à l’é­preuve la capa­ci­té de son entou­rage de lui garan­tir des liens affec­tifs stables.

Il ne vise pas à détruire l’at­ta­che­ment qui existe entre ses parents et lui, mais à avoir un peu de « mou », à dis­po­ser de suf­fi­sam­ment de lati­tude pour éta­blir de nou­velles rela­tions avec des jeunes de son âge. Il véri­fie que ses parents main­tiennent un lien, même si de son côté, il le laisse s’ef­fi­lo­cher ou le lâche parfois.

Ne dia­bo­li­sez pas votre ado­les­cent. Évi­tez les juge­ments tels que « Tu n’es qu’un … Tu n’y arri­ve­ras jamais ».

Évoquer sa propre adolescence

Même si les ado­les­cents passent un maxi­mum de temps ensemble, faire par­tie d’une bande de jeunes ne four­nit pas tous les repères. C’est pour cela que votre ado­les­cent a besoin de savoir com­ment les adultes qui comptent pour lui, ses parents, ont vécu cette époque de l’a­do­les­cence.

De votre place d’a­dulte, vous pou­vez témoi­gner de vos aspi­ra­tions et de vos rela­tions pas­sées avec vos parents, sans les déni­grer, avec vos amis, pour lui expli­quer avec bien­veillance com­ment vous avez vécu la confron­ta­tion entre vos dési­rs et les contraintes du monde exté­rieur.

Revisiter la famille

Votre ado­les­cent ne fuit pas les adultes en bloc. Il peut com­mu­ni­quer avec d’autres proches que vous, qui ne seront pas tout le temps sur son dos. Une tante, un cou­sin plus âgé, un grand-parent, peut lui dire des choses qu’il accep­te­ra d’en­tendre alors qu’il les refuse venant de ses parents.

Mon fils ainé a ten­dance à s’in­quié­ter, à qua­torze ans, de ne pas encore avoir choi­si son métier, alors que ses cama­rades « veulent déjà » être archi­tecte ou ingé­nieur. Son oncle lui a récem­ment dit qu’à son âge, il ne connais­sait même pas l’exis­tence des dif­fé­rents métiers qu’il a exer­cé par la suite, donc que son indé­ci­sion ne devait pas être une source d’inquié­tude.

Votre ado­les­cent s’ap­puie aus­si sur la cohé­rence et l’his­toire de sa famille entière. Pour confor­ter sa nou­velle place dans la suc­ces­sion des géné­ra­tions, il veut savoir qui est qui, et non plus uni­que­ment rece­voir de l’af­fec­tion. Il exprime sa curio­si­té, même s’il titille des zones d’ombre.

Repérer les signaux de détresse de votre ado

Par­fois, vous vous deman­dez s’il ne vau­drait pas mieux lais­ser tom­ber, le lais­ser rivé à ses jeux vidéo et dépo­ser des pla­teaux-repas devant sa chambre. Pour­tant, votre ado­les­cent cache sa fra­gi­li­té et sa sen­si­bi­li­té.

Être ado­les­cent, c’est se sépa­rerse dif­fé­ren­cier, se démar­quer, cher­cher sa propre voie. Le refus, l’oppo­si­tion, l’hos­ti­li­té, peuvent en être la mani­fes­ta­tion. Le plus sou­vent, cela ne dure pas, d’au­tant que le jeune en souffre éga­le­ment.

Un ado­les­cent qui ne com­mu­nique avec per­sonne va mal sur le plan psy­cho­lo­gique. Il ne sait pas dire lui-même ce qui ne va pas. Sa détresse s’ex­prime par des signaux d’a­lerte.

Par exemple, il se ferme éga­le­ment vis-à-vis des autres jeunes. Il n’a aucun loi­sir, sinon des paris dan­ge­reux et des actes bizarres, et il laisse entendre que « la vie ne vaut rien ». Il est alors temps de consul­ter auprès d’un pro­fes­sion­nel.

Au-delà des bornes, se faire aider

Les ado­les­cents sont inégaux face à la tor­nade hor­mo­nale qui s’a­bat sur eux lors de la puber­té et dont ils doivent gérer les consé­quences psy­cho­lo­giques et rela­tion­nelles.

Chez cer­tains jeunes, cette épreuve à la fois per­son­nelle et sociale, tourne mal, sans que l’at­ti­tude paren­tale puisse être direc­te­ment mise en cause.

Le deve­nir d’un ado­les­cent qui tombe dans la délin­quance ou qui fait l’ex­pé­rience de la folie n’est pas irré­ver­sible, à condi­tion de prendre rapi­de­ment en compte le pro­blème, en contac­tant des professionnels.

Ceux-ci, en com­plé­men­ta­ri­té avec les parents, pro­po­se­ront des lieux d’é­changes, où le mal-être de cha­cun pour­ra être dit, écou­té et soulagé.

Si votre ado­les­cent est contraint d’ef­fec­tuer un séjour dans un éta­blis­se­ment, cette incon­for­table tra­ver­sée vers l’âge adulte l’ai­de­ra à se reta­per, ou plus sim­ple­ment à faire une pause dans son élan dif­fi­cile vers l’âge adulte. Un sui­vi psy­cho­lo­gique à l’ex­té­rieur lui per­met­tra ensuite de mieux s’o­rien­ter, pen­ser et aimer.

Être parent, c’est sans cesse…

  • ten­ter de repen­ser sa vie,
  • se lais­ser surprendre,
  • évi­ter les ornières,
  • trans­mettre la vie géné­ra­tion après génération,
  • se relier aux autres,
  • don­ner ou deman­der un coup de pouce à un ami, un voi­sin, un proche, par­fois cher­cher de l’aide auprès d’un professionnel.

Pour aller plus loin :

adolescence résumée par Scope

L’a­do­les­cence en tum­blr ani­ma­tion humo­ris­tique résu­mant l’a­do­les­cence, par Scope, le blog du COPES

Sources : « Manuel de sur­vie pour parents d’a­dos qui pètent les plombs » sur le site www​.yapa​ka​.be

Bienvenue sur Adolescence Positive !

Photo de Carole Levy

Vous êtes parent, édu­ca­teur ou ani­ma­teur. Vous vous inté­res­sez par­ti­cu­liè­re­ment à la période de l’a­do­les­cence… Vous êtes au bon endroit !

Je m’ap­pelle Carole Levy et je par­tage avec vous mes appren­tis­sages, mes expé­riences et mes connais­sances.

Pour savoir pour­quoi et com­ment, je vous l’ex­plique dans “A pro­pos.”

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9 Commentaires 

  1. soso

    bon­jour,
    Une petite somme d’argent a dis­pa­ru il ne res­tait que 10 euros sur les 80 €, nous l’a­vions lais­sé il y a trois semaines dans une tasse à café ran­gée dans l’ar­moire. Quand j’en ai par­lé à l’ai­né (13 ans), il ne savait pas que l’argent était à cet endroit et il n’a eu aucune réac­tion quand je lui ai dit que j’al­lais le pri­vé de sa PlayS­ta­tion etc.
    Je suis com­plé­te­ment désar­mée sur le com­por­te­ment que je devais avoir avec lui évi­dem­ment pas la cer­ti­tude que c’est lui… mon mari et moi-même sommes cer­tains de ne pas l’a­voir pris…..
    Mer­ci pour votre retour,

    bonne soi­rée,

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  2. DE MONTMOLLIN Marie

    Bon­jour,
    J’ai décou­vert votre site après un gros pétage de plomb. J’ai 2 fille dont une fille de 15 ans. Hier soir, la soi­rée est par­tie en vrille après avoir décou­vert qu’elle avait allu­mé son télé­phone alors qu’elle n’en a pas le droit les soirs de semaine. Du coup, prise de tête, le ton monte, et mes mots ont dépas­sé ma pen­sée car elle est deve­nue inso­lente (en gros, je l’ai trai­tée de petite c.…!), ce qui l’a bien évi­dem­ment ren­du hys­té­rique (bien évi­dem­ment, je n’en veux et je me suis excu­sée immé­dia­te­ment). Mais j’ai eu l’im­pres­sion qu’elle retour­nait la situa­tion à son avantage.
    De plus, son dis­cours est qu’elle a – de droits que sa petite soeur de 7 ans, et que ses copines!!

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  3. Carole Levy

    Bon­jour Christine,
    Vous êtes en dif­fi­cul­té, du fait de la tumeur de votre mari. J’ai l’im­pres­sion que vous avez pris beau­coup sur vous jus­qu’à pré­sent, et que quand vous avez cra­qué, vous n’a­vez pas sup­por­té de ne pas être “par­faite”. Vous n’êtes pas un robot, vous êtes un être humain, et ce sont aus­si vos sen­ti­ments qui font votre force.
    Tout comme vous, quand mes mots dépassent mes pen­sées, j’en parle à mes enfants et m’en excuse.
    Je com­prends que cela vous rende triste, mais il faut aus­si vous par­don­ner à vous-même, pour pou­voir avancer.
    Facile à dire, bien sûr, mais si la médi­ta­tion vous aide, conti­nuez, même si par­fois les émo­tions sont trop intenses pour être régulées.
    Vous n’êtes pas délé­tère, à par­tir du moment où vous ne sou­hai­tez pas l’être, et vous bat­tez pour votre famille.
    Bien à vous,
    Carole.

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    • louby

      Bon­soir Carole,

      je vous remer­cie pour votre réponse que je trouve avec le recul très juste. J’ai ten­dance à ne rien me lais­ser pas­ser et il faut que je pense à moi éga­le­ment de manière bien­veillante. Je suis désor­mais plus repo­sée et je consi­dère qu’ef­fec­ti­ve­ment j’ai le droit excep­tion­nel­le­ment de ne pas tout maîtriser.
      En tout cas, mer­ci encore pour votre mes­sage qui fait beau­coup de bien !
      Christine

      Répondre
      • Carole Levy

        Bon­soir Christine,
        Bra­vo pour votre prise de recul !
        La pro­chaine étape serait peut-être, dans votre phrase “j’ai le droit excep­tion­nel­le­ment de ne pas tout mai­tri­ser”, de rem­pla­cer le mot “excep­tion­nel­le­ment” par le mot “par­fois”.
        Car les mots ont un impact fort sur nos com­por­te­ments. Le mot “excep­tion­nel­le­ment” met la pres­sion, tan­dis que le mot “par­fois” per­met à cha­cun de trou­ver sa juste mesure, selon ses besoins, et le contexte dans lequel il évolue.
        Bien à vous,
        Carole.

        Répondre
  4. Louby

    Bon­soir,
    Je m’ap­pelle Chris­tine, je suis maman d’une pré ado de 13 ans. Je vis une situa­tion assez stres­sante actuel­le­ment : mon conjoint et père de ma fille a une tumeur céré­brale non gué­ris­sable (décou­verte en février 18/opéré dans la fou­lée et trai­tée par chimio/ réci­dive le 23 février avec chan­ge­ment de chimio).
    J’ai du mal à contrô­ler mes émo­tions et là, ce soir ai ‘pété’ les plombs et ai des paroles dures. Je suis habi­tuel­le­ment très aimante et très pré­cau­tion­neuse sur les mots. Je m’en veux même si je m’ex­cuse auprès d’elle et lui explique que mes mots dépassent ma pen­sée. Je pra­tique la médi­ta­tion mais ne par­viens pas tou­jours à régu­ler les émo­tions. J’ai peur d’être délé­tère pour ma fille… Et suis triste au final …

    Répondre
  5. DESPREAUX Corinne

    Bon­jour,
    c’est vrai­ment éprou­vant mora­le­ment d’être parent d’ados !
    Mer­ci pour ces conseils qui me per­mettent de reprendre des forces et sur­tout confiance en moi“entant que maman”.Avec mes ados c’est tel­le­ment dif­fé­rent avec chacun(1 gar­çon de 18 ans et une fille de 15 ans),que j’ai l’im­pres­sion de mar­cher sans arrêt sur des oeufs !
    J’a­voue que gar­der le contacte,avec ma fille,c’est par­fois très difficile.Souvent son atti­tude me met en colère et nous mon­tons toutes les deux dans les tours…Quand ça arrive je m’éloigne,mais j’ai du mal à reprendre la dis­cus­sion où on l’a­vait laissée,car j’ap­pré­hende sa réaction
    .Elle est très secrète et soli­taire, quand j’es­saie de par­ler avec elle,j’ai toute suite la sen­sa­tion de la déranger,de per­cer la bulle qui la protège.C’est là que je me sens impuis­sante et désemparée,j’arrive très dif­fi­ci­le­ment à renouer ce qui a été défait pen­dant nos disputes !

    Répondre
    • Carole Levy

      Mer­ci Corinne pour votre témoignage.
      Je ne crois pas que nos liens avec nos enfants soient “défaits” pen­dant nos disputes.
      Avec mes ados, dans ce genre de situa­tions, quand je reviens vers eux, je leur dis que le degré de mon éner­ve­ment n’é­tait pas en rap­port direct avec le point de départ de la dis­pute, mais aus­si lié à d’autres sou­cis dont ils ne sont pas res­pon­sables. J’ai exa­gé­ré et j’en suis désolée.
      C’est très dif­fi­cile de sur­mon­ter notre désar­roi, car nous ne savons pas encore ce que va deve­nir notre rela­tion avec notre enfant. Lui dire que nous sommes là pour lui quand il res­sen­ti­ra le besoin de par­ler, est vital pour nous comme pour eux.

      Répondre

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