Émotions extrêmes de votre adolescent : comment réagir ?

Crédits photo : Bru­loos, Jedidja/Aritha, Best Snap, Ins­pi­rex­press­mia­mi, Open­Cli­part­Vec­tors, Carole Levy

à l’a­do­les­cence, votre enfant va expri­mer ses émo­tions de façon extrêmes. Subis­sant des sol­li­ci­ta­tions de toutes sortes, il a du mal à ver­ba­li­ser sa palette d’é­mo­tions. En tant que parent, com­ment allez vous réagir aux émo­tions extrêmes de votre adolescent ?

Évènement inter-blogueurs : “Gérer ses émotions

Cet article par­ti­cipe à l’é­vè­ne­ment men­suel du groupe de blo­gueurs “Vers un monde meilleur”, sur le thème du mois : “Gérer ses émo­tions.” Chaque par­ti­ci­pant pré­sente sa propre approche par rap­port à ce thème pro­po­sé par Céline, du blog Apprendre en s’a­mu­sant, qui ouvre le bal avec son article Cinq pistes pour enfin évi­ter les crises.

Vous pou­vez écou­ter ce pod­cast en live en cli­quant sur le bou­ton “Play” ci-des­sus, ou télé­char­ger le MP3.

Une palette d’émotions

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Ado­les­cente en colère

L’a­do­les­cence est un bain émo­tion­nel. C’est une période pen­dant laquelle l’anxié­té, l’angoisse, la colère, la sur­prise, la peur, le cafard, la tris­tesse, la dépres­sion, la honte et même le dégoût, suc­cèdent au plai­sir, à l’exal­ta­tion, à la joie, au sen­ti­ment de toute puis­sance.

Ces fortes émo­tions sont sus­ci­tées par les chan­ge­ments cor­po­rels liés à la puber­té, mais aus­si par le nou­veau mode de pen­sée mis en œuvre à l’adolescence.

En recherche de liber­té, votre ado­les­cent a besoin et envie de nou­veau­té, mais il a éga­le­ment peur de ce qui peut lui arri­ver. Il n’a pas encore tota­le­ment renon­cé au besoin de sécu­ri­té qu’il trouve auprès de ses parents.

Des sollicitations de toutes sortes

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La chambre votre ado a été réaménagée

L’a­do­les­cence est l’âge de l’expé­ri­men­ta­tion. Les nou­velles situa­tions qui se pré­sentent sont alors éti­que­téesagréables” ou “désa­gréables”.

Une émo­tion impor­tante est la peur du chan­ge­ment. Votre ado­les­cent peut être désta­bi­li­sé par un évè­ne­ment qui va vous paraître banal, par exemple quand sa chambre est repeinte et réamé­na­gée : “J’ai l’im­pres­sion de ne plus être chez moi “.

Pour faire face à cette peur, le sys­tème de défense de votre ado­les­cent consiste à oublier ce qui le dérange, ou à reje­ter un évè­ne­ment trop dif­fi­cile à vivre, par exemple un acci­dent de voi­ture d’un proche, ou l’hos­pi­ta­li­sa­tion en urgence d’un membre de la famille.

Mettre des mots sur ses émotions

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Ver­ba­li­ser ses émotions

Ver­ba­li­ser ses émo­tions est une réelle dif­fi­cul­té pour votre ado­les­cent : “Je ne sais pas ” est une phrase qui revient en boucle.

Les bou­le­ver­se­ments émo­tion­nels qu’il tra­verse lui paraissent tel­le­ment impor­tants, qu’aucun mot ne convient. Ne par­ve­nant pas à for­mu­ler ses émo­tions, il se sent très mal­adroit et n’ose pas s’ex­pri­mer.

Cette dif­fi­cul­té à s’ex­té­rio­ri­ser posi­tionne votre ado­les­cent comme deman­deur. Il sou­haite que ses parents le com­prennent à tra­vers ses gro­gne­ments, ses non-dits, ses regards (voir l’ar­ticle Com­mu­ni­quer avec votre ado : ce qui n’est pas dit).
Loin d’être pour lui de la science-fic­tion, la télé­pa­thie, le men­ta­lisme sont des pra­tiques que ses parents se doivent de maî­tri­ser. Vous devriez aus­si, selon lui, puisque vous l’ai­mez, com­prendre natu­rel­le­ment ce qu’il n’ar­rive pas lui-même à expri­mer et à comprendre.

Une sensorialité nouvelle

Votre ado­les­cent se construit avec ses nou­velles pos­si­bi­li­tés rela­tion­nelles, affec­tives et sexuelles. Ces nou­velles sen­sa­tions l’aident à prendre connais­sance de son corps qui change.

Votre ado­les­cent est à la recherche du plai­sir, et est prêt pour des expé­riences intenses. Cette nou­velle sen­so­ria­li­té va l’in­fluen­cer dans sa manière de se vêtir, de se coif­fer, de se maquiller, et de se par­fu­mer, etc.

Dominer ses émotions et ses sentiments

De peur d’être sub­mer­gé par ses émo­tions, votre ado­les­cent met en place des défenses, à l’aide de son incons­cient.

Contrôler ses pulsions

Votre ado­les­cent intel­lec­tua­lise ses émo­tions. Le fait de réflé­chir à ce qui lui arrive, lui per­met d’éloi­gner de lui des émo­tions qui le troublent profondément.

De cette atti­tude, peuvent res­sor­tir des com­por­te­ments impul­sifs ou des humeurs ver­sa­tiles. Votre ado­les­cent est par­ta­gé entre un besoin d’ac­tion, par exemple en pra­ti­quant un sport de manière inten­sive, ou un besoin d’é­vi­te­ment, comme res­ter scot­ché à ses jeux vidéos pour ne pen­ser à rien, pour ne pas souffrir.

Se protéger de certains sentiments

Votre ado­les­cent cherche à se pro­té­ger de sen­ti­ments désa­gréables, jugés “dan­ge­reux” par son inconscient.

  • Il va mas­quer ses états affec­tifs, par exemple en affi­chant une joie exa­gé­rée, alors qu’in­té­rieu­re­ment il est très angoissé.
  • Votre ado va connaître une régres­sion, avec des com­por­te­ments infan­tiles, afin de retrou­ver la tran­quilli­té des sen­ti­ments liés à la petite enfance. Il va rechi­gner à s’oc­cu­per de lui-même, à se laver : “Cela m’an­goisse de prendre une douche “. Il va por­ter tou­jours les mêmes vête­ments, qui devien­dront une deuxième peau protectrice.

Pensées typiques de l’adolescent

Le doute

L’a­do­les­cent doute sans cesse : “Je n’y com­prends rien en math, sur­tout les frac­tions “.

L’exagération

L’a­do­les­cent exa­gère, il uti­lise des termes extrêmes : ” Les autres du cours de des­sin sont super bons, moi je suis nul “.

La généralisation

Tous les autres arrivent faci­le­ment à se faire des amis, et moi je suis tou­jours tout seul et je m’en­nuie “.
Les gar­çons ne s’in­té­ressent qu’au foot­ball “.
Tout le monde au col­lège a le droit de jouer aux jeux vidéos jus­qu’à au moins onze heures du soir “.

La comparaison

Toi tu chantes super bien, moi je suis lamen­table “.
Tout le monde a un petit-ami, et moi je vais res­ter seule toute ma vie, per­sonne ne sera jamais amou­reux de moi “.

Comment gérer ces émotions extrêmes ?

En conclu­sion, que dire, que faire, face à ces émo­tions intenses de votre adolescent ?

Ne pas réagir en miroir est la base. Il faut savoir attendre que la ten­sion retombe, pour mettre en mots ce que votre ado­les­cent exprime en cris ou en larmes, sou­vent sous l’emprise de la colère. Tout peut s’ar­ran­ger quand il peut argu­men­ter et trans­for­mer ses émo­tions en idées.

Un soir, à la mai­son, à la fin d’un dîner au cours duquel j’a­vais du m’i­so­ler quelques minutes pour ne pas explo­ser à mon tour, j’ai deman­dé à mon fils aîné d’a­me­ner une feuille et un sty­lo pour chaque membre de la famille.

Sur­prise moi-même qu’il accède à ma demande, j’ai pro­po­sé à cha­cun d’é­crire ce titre sur leur feuille de papier : “STOP VIOLENCE EN FAMILLE “.

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STOP Vio­lence en Famille !

Puis je leur ai deman­dé de lis­ter tout ce qui ne leur conve­nait pas, ce qui était violent pour eux.
Dix minutes de calme plus tard, cha­cun a expri­mé son res­sen­ti, et a ain­si pu être écou­té et enten­du.

Depuis, ces quatre feuilles sont à dis­po­si­tion de tous sur la table du salon, , et nous nous y réfé­rons régu­liè­re­ment pour nous com­prendre.

Et vous, que faites-vous pour cana­li­ser les émo­tions extrêmes de votre ado­les­cent ?
Mer­ci de par­ta­ger dans les com­men­taires ci-des­sous.

Sources :

Créa­tion Jingle du pod­cast : David Bau­doin • babilOsapiens

Bienvenue sur Adolescence Positive !

Photo de Carole Levy

Vous êtes parent, édu­ca­teur ou ani­ma­teur. Vous vous inté­res­sez par­ti­cu­liè­re­ment à la période de l’a­do­les­cence… Vous êtes au bon endroit !

Je m’ap­pelle Carole Levy et je par­tage avec vous mes appren­tis­sages, mes expé­riences et mes connais­sances.

Pour savoir pour­quoi et com­ment, je vous l’ex­plique dans “A pro­pos.”

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2 Commentaires 

  1. Alexandra

    Mer­ci Carole pour cet article et bra­vo pour ce pre­mier pod­cast. Une chose inté­res­sante à faire pour éva­luer le res­sen­ti des ados qui peuvent avoir du mal à exté­rio­ri­ser leurs émo­tions est de poser des ques­tions et leur deman­der de jau­ger sur une échelle de 1 à 10 par exemple.
    Par exemple, “au col­lège je me sens inté­gré ” (1 : pas du tout, 10 : complètement).
    Bonne journée

    Répondre
    • Carole

      Mer­ci Alexandra.
      En effet, les ados aiment uti­li­ser des “nota­tions” en géné­ral pour la cote d’a­mour vis-à-vis de leurs pro­fes­seurs. A eux de s’ap­pro­prier cette échelle pour iden­ti­fier leurs émo­tions et y asso­cier une “solu­tion” 😉

      Répondre

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