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Votre enfant ou votre adolescent vole de l’argent dans votre portefeuille, subtilise du matériel scolaire, chaparde dans les magasins, etc.
Il faut savoir que même si l’objet du vol n’a pas une grande valeur, il engendre la honte, la gêne et la culpabilité, aussi bien chez l’adolescent que chez ses parents.

Cet article vous propose des pistes pour réagir quand votre adolescent vole, en quatre étapes :

  • Constater le vol.
  • Lui expliquer les conséquences du vol.
  • Lui demander pourquoi il vole.
  • Eviter qu’il recommence.

Constater le vol

Rester calme et cohérent

Ne réagissez pas de manière exagérée, oui, je sais, c’est facile à dire !
Le monde n’est pas (encore) sur le point de s’écrouler. Voler est une erreur que votre enfant a commise.
Quand un adolescent « vole », il n’est pas nécessairement un « criminel » ou destiné à le devenir.
La cohérence du discours des deux parents est indispensable : ils sont d’accord tous les deux pour dire que « voler est grave » .

Ne pas le prendre personnellement

Si cela évoque des épisodes de votre propre histoire, ces épisodes ne sont pas forcément liés à l’histoire de votre adolescent.

Lui dire simplement ce que vous savez

Sans rentrer dans une « démarche policière » humiliante, du style « Alors, tu dois avouer maintenant » , dites-lui simplement, ce que vous savez. Vous devez lui faire comprendre que vous n’êtes pas dupe « Je sais d’où vient l’objet que j’ai vu dans ton sac à dos ».

Pour couvrir son vol, l’enfant est parfois amené à mentir, même s’il est pris la main dans le sac. Cela est très perturbant pour les parents.

Lui expliquer les conséquences d’un vol

La loi : propriété et règles pour vivre ensemble

Il est essentiel de bien expliquer la notion de propriété : tout n’appartient pas à tout le monde. Il existe des règles pour vivre ensemble, et voler est interdit.

Votre adolescent n’est pas « mauvais » , c’est « voler » qui est « mal » .

Ne sous-estimez pas l’importance de la situation ou ne le protégez pas en lui faisant croire qu’il n’est pas mal de voler si l’on ne se fait pas « attraper » .

Voler est un délit puni par la loi, qui peut conduire en prison ou à devoir régler une très forte amende.

Utilisez les termes juridiques pour expliquer le temps d’incarcération dont on peut écoper en commettant un délit (voler le téléphone portable de quelqu’un en son absence) ou un crime (voler l’argent de quelqu’un en le menaçant physiquement).

Lui faire prendre ses responsabilités face au vol

Au lieu de le « punir » votre adolescent en le privant d’un objet sans lien avec son acte, ce qui ne ferait qu’augmenter sa colère et son ressentiment, et endiguerait sa volonté de coopérer, amenez-le à « réparer » , par exemple :

  • En rendant l’objet volé, même si c’est très désagréable, quitte à l’accompagner pour le soutenir.
  • En s’excusant et en s’engageant à ne plus recommencer, oui c’est « trop la honte » .
  • En rendant des services à la personne volée (petits bricolage, aides ponctuelles, etc.).
  • En travaillant pour rembourser l’argent. Le vol doit avoir un coût réel pour lui, surtout si vous devez rembourser l’objet volé.

Demander à votre adolescent pourquoi il a ressenti le besoin de voler

Même si votre adolescent aura tendance à vous répondre dans un premier temps « Je ne sais pas », il est important d’identifier la cause de son acte, pour l’aider à l’empêcher de recommencer.

Voici quelques pistes :

  • Il ne peut pas se contrôler.
  • Ses besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits ou ont augmenté. Les besoins personnels sont subjectifs. Même si un parent peut croire qu’un enfant ne devrait pas posséder quelque chose, cet objet peut représenter un besoin réel pour l’enfant, par exemple de l’argent de poche.
  • Il a besoin de plus d’attention (vols de consolation, vols pour faire des cadeaux).
  • Il a besoin de contrôler sa vie, il n’aime pas se sentir dépendant.
  • Il subit la pression de ses camarades, voler est la condition pour faire partie du groupe (besoin d’être aimé).
  • C’est une question de « standing » .
  • Il est « obligé » de le faire (racket) . Il n’est pas fier et a peur.
  • Il veut s’acheter quelque chose pour laquelle vous n’êtes pas d’accord (cannabis, alcool) ou qui le mettent mal à l’aise (moyens de contraception, tests de grossesse).
  • Il veut savoir si vous tenez à lui, si vous allez le rejeter.
  • Il cherche à repousser les limites, et à voir comment il pourra s’en sortir.

Eviter qu’il recommence

Même si la situation est douloureuse pour vous, il est important de vous rappeler pourquoi cela est arrivé et mettre en avant des habitudes, sur le long terme, pour aider votre adolescent à ne pas recommencer.

Voici quelques pistes :

  • Éliminer les tentations : ne laissez pas votre argent à un endroit où il peut le trouver facilement.
  • Oublier l’incident, et pardonner. Ne percevez pas votre enfant comme un « voleur », ne lui rappeler pas sans cesse le vol.
  • Favoriser un climat de confiance. S’il ne recommence pas à voler, il n’y a aucune raison de ne pas continuer à lui faire confiance.
  • Etre un modèle d’honnêteté, en lui montrant que vous respectez la propriété de vos voisins par exemple.
  • Lui enseigner l’art de l’attente. Avant un (gros) achat, il faut se demander s’il est raisonnable et cohérent. Ce moment de réflexion est « normal » et doit devenir une habitude.
  • Lui offrir d’autres sources de revenus ou l’aider à en obtenir (travail à temps partiel, petits travaux dans le voisinage).
  • L’amener à s’intéresser à des activités moins matérialistes, par exemple améliorer ses capacités et son esprit d’équipe dans la pratique d’un sport en club.
  • Passer du temps de qualité avec votre adolescent, par exemple en l’accompagnant à un concert. Discuter avec lui des sujets qui peuvent l’inquiéter, comme la sexualité.
  • Discuter avec un conseiller familial ou un thérapeute si votre adolescent continue de voler. Par sa non-implication affective, le « psy » appréciera plus justement les motivations de votre adolescent à voler. Il pourra lui apporter une aide rapide et efficace et saura vous conseiller.

Des conseils complémentaires

  • Éviter de faire croire à votre adolescent que l’argent est facile à gagner ou à dépenser.
  • Dire clairement qu’on ne peut pas, dans la vie, avoir tout ce qui nous fait envie, même quand on est adulte.
  • Ne pas placer l’argent au centre de tout.
  • Lui apprendre à supporter la frustration.
  • Lui montrer que l’argent permet aussi le partage.

Et vous, auriez-vous d’autres conseils à nous donner, qu’ils soient « du vécu » ou pas 😉  ?

Crédits photographiques :  Puurchantal.

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