Votre ado a tendance à repousser les limites : comment se sentir mieux ?

Crédits photo : Ryan Mc Guire

Votre ado a ten­dance à repous­ser les limites. Ces limites aux­quelles, en tant que parents nous sommes confron­tés au quotidien :

  • émo­tion­nelles,
  • phy­siques,
  • maté­rielles,
  • intel­lec­tuelles,
  • et bien d’autres limites encore.

Quant à moi, j’ai choi­si de vous par­ler des limites émo­tion­nelles, phy­siques, et maté­rielles.

Évènement inter-blogueurs : “Dépasser ses limites

Cet article est ma par­ti­ci­pa­tion à l’é­vé­ne­ment inter-blo­gueur “Forme Vita­li­té Bien-être” du mois, dont le thème “Dépas­ser ses limites” est pro­po­sé par Aman­dine, du blog “La vie de mes rêves”. Aman­dine a choi­si de nous par­ler d’A­lexy Ber­thet avec l’ar­ticle “Com­ment le sport nous aide à dépas­ser nos limites”.

Repousser les limites émotionnelles

Bain émotionnel

L’a­do­les­cence est un bain émo­tion­nel. Votre ado­les­cent oscille en per­ma­nence entre des états tels que : “Super ! Tout va bien, je m’é­clate à fond…” et des états tels que : “Ah ! La vie est nulle, j’en peux plus, je m’en­nuie”.

Ces états alternent de manière impré­vi­sible tout au long de la jour­née, de la semaine, de l’an­née. C’est com­plè­te­ment épui­sant ! C’est épui­sant pour vous, c’est épui­sant pour votre adolescent.

Les années pas­sant, je me suis bien ren­due compte de la dif­fi­cul­té de gérer les fortes émo­tions liées à l’é­du­ca­tion des enfants qui deviennent ado­les­cents (voir article “Com­ment réagir face aux émo­tions extrêmes de votre ado­les­cent”).

Quand les parents apprennent à leurs enfants à réflé­chir sur ce qui leur arrive, à faire preuve de libre arbitre, ils sont for­cé­ment plus faci­le­ment remis en cause ou contre­dits quand vient l’adolescence.

Si vous avez appris à votre enfant à s’ex­pri­mer et à dire avec bien­veillance : “Non je ne suis pas d’ac­cord, je vois les choses autre­ment parce que je res­sens les choses dif­fé­rem­ment, et je vais t’ex­pli­quer pour­quoi” , vous êtes plu­tôt fier de lui quand ce dis­cours s’a­dresse à une per­sonne de votre entou­rage. Quand votre ado n’est plus d’ac­cord avec vous, et qu’il l’ex­prime de manière plus ou moins vio­lente, cela devient plus compliqué…

Surcharge émotionnelle

En tant que parents, nous subis­sons aus­si de plein fouet ce vaga­bon­dage d’é­mo­tions de nos enfants, de notre entou­rage, de la sur­charge d’in­for­ma­tions. Tout doit aller très vite. Nous devons réagir immé­dia­te­ment, nous devons “twit­ter”, “liker” sur Face­book et You­Tube, “Ins­ta­gra­mer”, “Snap­cha­ter”, “Pin­te­res­ter”, “Per­isco­per “, et tant d’autres …
Moi, j’ai du mal avec tout cela.

J’es­saie de me moti­ver à la pra­tique de la médi­ta­tion pleine consciente. Si je n’y arrive pas encore, c’est jus­te­ment parce que je me laisse sub­mer­ger par mes émo­tions, je les mélange je les entasse. J’ai dû m’au­to-convaincre car j’é­tais plu­tôt une adepte d’ac­ti­vi­tés spor­tives dites “toniques“comme le step, l’aé­ro­bic, le bas­ket-ball, etc.

Gérer le flux d’émotions

J’ai envie de faire autre chose de toutes ces émo­tions, de tout ce fatras d’é­mo­tions. C’est pour­quoi j’ai déci­dé d’agir pour gérer ce flux inces­sant.

Je repousse mes limites émo­tion­nelles car je n’ai pas tel­le­ment le choix :

  • Soit j’en­ve­nime les conflits avec mon ado : je lui réponds sans l’é­cou­ter, je m’é­nerve, j’im­pose mes règles en criant, en punissant.
  • Soit je prends du recul et de la hau­teur par rap­port à mes émo­tions qui me sub­mergent : j’aide mon ado, mais aus­si moi-même, à y voir plus clair et à mieux vivre l’ins­tant pré­sent.

Je sou­haite ensei­gner à mes ado­les­cents que le bien-être allié à la conscience de ce bien-être EST le bon­heur.
Le bon­heur alterne avec les moments de dou­leur ou d’in­dif­fé­rence. Il faut apprendre à recon­naître ces moments de bien-être pour les trans­for­mer en moments de bonheur.

Repousser les limites physiques

Difficile de se bouger

J’a­voue ne plus faire beau­coup de sport depuis quelques années. Je n’ai pas de jus­ti­fi­ca­tions valables, j’ai beau­coup de mau­vaises et de bonnes rai­sons. La fatigue, les années … Cela devient de plus en plus com­pli­qué de se bou­ger et de ne pas être fati­gué, et de ne pas être contra­rié jus­te­ment par cette fatigue.

Mais à un moment, votre corps vous inter­pelle :“Cela ne va pas du tout, je ne suis pas d’ac­cord, j’ai mal et je te le dis”.
Et ce n’est pas cen­sé s’a­mé­lio­rer avec le temps :
Si tu ne fais rien, cela va même empi­rer, donc prends toi en mains !

C’est un cap assez dif­fi­cile, mais on peut repous­ser ses limites phy­siques en tant que parents. Après tout, nous vivons avec des jeunes en pleine pos­ses­sion de leurs capa­ci­tés phy­siques, qui sont plu­tôt deman­deurs. J’ai deux gar­çons d’âge rap­pro­ché, l’am­biance est assez“tonique” à la maison.

Le sport avec votre ado par l’exemple

Faire du sport avec votre ado, ou faire du sport pour lui mon­trer l’exemple, est une une grande ouver­ture vers un mieux-être pour lui et pour vous-même.

Comme je vous le racon­tais dans l’ar­ticle “Éle­ver son ado­les­cent avec sim­pli­ci­té”, j’en­vi­sa­geais de par­tir pour les vacances d’au­tomne à quelques cen­taines de kilo­mètres, afin de chan­ger d’en­vi­ron­ne­ment et tous nous sen­tir mieux. C’est bien beau, mais“par­tir” n’est pos­sible que quelques semaines par an. L’i­déal est de se sen­tir bien chez soi dans son envi­ron­ne­ment habi­tuel.
Avoir des jours de congés faci­lite l’or­ga­ni­sa­tion d’ac­ti­vi­tés un peu plus “groove”, mais il faut se prendre en mains.

Ce n’est pas facile, sur­tout quand votre ado refuse de vous accom­pa­gner. A par­tir d’un cer­tain âge, il sort avec ses copains, il sou­haite faire ce qu’il veut quand il veut. Vous pou­vez dif­fi­ci­le­ment lui dire “Viens faire un tour avec moi”. Tout dépend du type de rela­tion que vous avez avec lui. Cer­tains parents disent “C’est obli­gé, tu viens avec moi”, ou : “C’est obli­gé, tu le fais quand même”.

En ce qui me concerne, j’aime bien l’as­pect défi. Je dis à mon fils : “Tu ne veux pas venir jouer au bad­min­ton avec moi … Je com­prends, tu as trop peur que je te mette la pâtée”.

Quand même, il aime moyen­ne­ment … et il vient. Il est un peu sur­pris que sa mère, mal­gré ses kilos en trop et l’ap­proche de la cin­quan­taine, ne se débrouille pas trop mal.

Je vous avoue que pour la suite de la jour­née, il est en pleine forme alors que je suis un peu fati­guée … mais j’es­saie de repous­ser mes limites phy­siques avec l’ob­jec­tif de me sen­tir mieux, de dor­mir mieux.

Repousser les limites matérielles

Je ne vais pas m’é­tendre sur les limites maté­rielles, car je pense leur consa­crer ulté­rieu­re­ment un article com­plet.
Cer­tains jeunes dési­rent de nom­breux biens maté­riels, des jeans de grande marque au Smart­phone der­nier modèle.

Je n’ai pas trop ce pro­blème avec mes enfants. Je me sou­viens de cette expli­ca­tion don­née dans un maga­sin de sport, à mon fils aîné alors âgé d’en­vi­ron huit ans :
C’est simple : soit je t’a­chète le sur­vê­te­ment à 45 euros avec les trois raies sur le côté et tu n’as que le pan­ta­lon, soit tu prends l’autre à 15 euros sans les trois raies sur le côté, tu peux aus­si avoir la veste avec, et il reste assez d’argent pour ache­ter un livre ou un petit jeu … C’est toi qui vois “.

Mon fils n’a pas choi­si le sur­vê­te­ment à 45 euros.

J’ai quand même ajou­té : “Si tu tombes en jouant au foot­ball dans la cour et que tu l’ac­croches, il est fichu, et le tu ne l’as plus. Tan­dis que le livre ou le jeu tu l’as pour tou­jours”.

C’est une ques­tion de mode. Moi, je ne suis pas non plus à fond dans les marques, ni mon mari. Tou­jours la valeur de l’exemple

Une opportunité pour vous sentir mieux en tant que parent

Définition du cadre

Votre ado pousse vos limites, à vous d’en faire une oppor­tu­ni­té pour vous sen­tir mieux.
Qu’en­ten­dez-vous par “pous­ser les limites” ?
S’a­git-il de limites vers le haut, vers le bas, sur les côtés ?

Au lieu de par­ler de limites, je pré­fère par­ler de “cadre” , mais un cadre non fer­mé her­mé­ti­que­ment, et mobile.

Pour­quoi un cadre ?
Un “cadre” a une conno­ta­tion artis­tique. Cela me ren­voie à des sym­boles esthé­tiques, et me donne un sen­ti­ment d’es­pace, d’ou­ver­ture à la créa­ti­vi­té. Dans cet espace, il est pos­sible de se mou­voir, de s’ex­pri­mer, de dia­lo­guer, de réflé­chir.

Je vous relate une conver­sa­tion récente avec mon fils de douze ans :
Ado :Pour me sen­tir mieux, je réflé­chis “.
Parent :Pour me sen­tir mieux, je fais des éti­re­ments pour dimi­nuer mon mal de dos “.
Ado : Moi, cela ne me fait pas me sen­tir mieux. Ce qui me fait me sen­tir mieux, c’est réflé­chir “.
Parent :A quoi réflé­chis-tu ?
Ado :A ce que je fais, com­ment je peux l’a­mé­lio­rer, com­ment je peux faire les choses dif­fé­rem­ment, com­ment je peux créer des choses “.

J’ai trou­vé cette conver­sa­tion plu­tôt intéressante.

Repousser les limites en restant dans le cadre

Si votre ado pousse les limites, c’est impor­tant qu’il reste dans le cadre. En dehors du cadre, se trouve ce que vous ne pou­vez accep­ter en tant que parent.

Par exemple, dans notre cadre fami­lial, l’i­nac­cep­table est l’inci­vi­li­té, la vio­lence ver­bale ou phy­sique, le déni­gre­ment sys­té­ma­tique
Nous ne vivons pas dans un monde de bisou­nours, mais je sou­haite apprendre cer­taines choses à mes enfants :

  • On ne dénigre pas sys­té­ma­ti­que­ment, on ne se moque pas.
  • On essaye de se mettre à place des autres per­sonnes afin de com­prendre pour­quoi elles agissent de manière déplaisante.

Il y a tou­jours des rai­sons, qu’elles soient bonnes ou mau­vaises. Ces rai­sons découlent d’é­vé­ne­ments, dont nous n’a­vons pas for­cé­ment connais­sance.
C’est une manière de pous­ser ses limites intel­lec­tuelles, réflé­chir.

Pous­ser ses limites ” n’est pas évident.

Cela me fait pen­ser à l’é­mis­sion de radio heb­do­ma­daire de Gérard Lefort et Marie Col­man qui pas­sait sur France Inter dans les années 90 : “Pas­sé les bornes, y’a plus de limites”.

Dépas­ser ses limites n’est pas for­cé­ment déli­rant. On reste dans le cadre, on s’a­dapte au cadre, on adapte le cadre à nos besoins et à nos valeurs. C’est ce que j’ai envie de rete­nir : adap­ter le cadre à nos besoins et à nos valeurs.

Et pour vous, que signi­fie repous­ser vos limites avec votre enfant ?
Une situa­tion vous a‑t-elle fait repous­ser vos limites et cela vous a‑t-il fait du bien ?
Mer­ci de par­ta­ger votre expé­rience dans les commentaires.

Bienvenue sur Adolescence Positive !

Photo de Carole Levy

Vous êtes parent, édu­ca­teur ou ani­ma­teur. Vous vous inté­res­sez par­ti­cu­liè­re­ment à la période de l’a­do­les­cence… Vous êtes au bon endroit !

Je m’ap­pelle Carole Levy et je par­tage avec vous mes appren­tis­sages, mes expé­riences et mes connais­sances.

Pour savoir pour­quoi et com­ment, je vous l’ex­plique dans “A pro­pos.”

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