Éducation d’un enfant | les 3 ingrédients : modération-indulgence-fermeté

Crédits photo : Eli­sa Riva, Carole Levy

L’édu­ca­tion de votre enfant vous importe… Vous aimez votre enfant de manière incon­di­tion­nelle. Pour­tant, quand vient l’adolescence, vous n’êtes pas prêt à tout accep­ter en tant que parent, et vous avez rai­son. Car tout accep­ter n’est pas la meilleure façon d’aimer votre adolescent.

Vous crai­gnez qu’il devienne un tyran ou se mette en dan­ger, mais vous savez aus­si que l’oppo­si­tion est néces­saire pour se construire, pour qu’il devienne un adulte épa­noui.

Mais à quel prix ?

L’éducation d’un enfant nécessite un équilibre parfois difficile

3 ingrédienst de l'éducation
Les 3 ingré­dients de l’é­du­ca­tion : indul­gence, modé­ra­tion, fermeté

Aux prises avec ces inter­ro­ga­tions, vous pen­sez être les seuls parents à « galé­rer », à avoir envie de cla­quer la porte au nez de votre ado­les­cent, pour vous mettre « au vert » quelques semaines.

Pour­tant, vous n’êtes pas seul dans ce cas, et peu de gens en parlent autour de vous, même s’ils sont sur le point de « péter les plombs » (voir l’ar­ticle : « Evi­tez de péter les plombs avec votre ado­les­cent »).

Défi­nir d’un com­mun accord au sein du couple paren­tal « ce qui est accep­table et ce qui ne l’est pas » est indis­pen­sable. Il est tout aus­si impor­tant de trou­ver un équi­libre entre modé­ra­tion, indul­gence, et fer­me­té.

Cet équi­libre n’est pas figé. En per­pé­tuelle redé­fi­ni­tion, il s’adapte à la situa­tion et à votre état d’esprit.

La modération (lors d’un conflit) ou « donner le choix »

Lors d’un conflit, ne ren­trez pas dans le jeu de votre ado­les­cent, pour ne pas atti­ser le feu.

Exemples :

  • Ne hur­lez pas pour lui deman­der de pas­ser à table. Allez jusqu’à sa chambre, et deman­dez-lui de vous rejoindre (voir l’ar­ticle « La patience active en six étapes »).
  • Quand vous pas­sez devant sa chambre et que la porte est ouverte, ne lui deman­dez pas sys­té­ma­ti­que­ment de faire son lit. Oui, je sais c’est difficile 😉 .
  • Dites plu­tôt : « Je pen­sais que tu avais l’intention de débar­ras­ser la table avant mon retour ».
  • Dites – lui : « Tu aimes bien por­ter ce pan­ta­lon, mais tu l’as mis plu­sieurs jours d’affilée. Celui-ci te va bien aus­si ».
  • Pen­sez à lui dire « J’aimerais que tu baisses un peu le volume de ta chaine Hi-Fi ; j’ai un appel impor­tant à pas­ser ».

L’indulgence au quotidien ou « indiquer une façon de réparer »

Ne dra­ma­ti­sez pas un inci­dent. Repre­nez le cours de votre vie de famille là où il s’est arrêté.

Exemples :

  • Sup­por­tez qu’il ne vous rejoigne à table (par exemple) qu’au bout de dix minutes.
  • Quand vous entrez dans sa chambre, faites comme si vous ne remar­quiez pas le bazar.

Le bazar exprime la réac­tion de l’adolescent face à un monde exté­rieur qui lui parait trop régle­men­té, plein d’interdits. Entre ces quatre murs, il se sent libre. Il n’est ni obser­vé, ni jugé, et il s’autorise à ne pas faire d’efforts.

  • Dites plu­tôt : « C’est une bonne idée d’avoir pré­pa­ré le repas. La pro­chaine fois, tu peux pré­voir au mini­mum 100 grammes de pâtes par per­sonnes, mais ça tu ne le savais pas ».
  • Dites-lui : « Tu es en retard, je ne me suis pas inquié­té, mais j’apprécie que tu sou­haites m’expliquer pour­quoi ».

La fermeté indispensable ou « prendre des mesures pour passer à l’action »

Si des situa­tions ne vous conviennent pas, pré­ci­sez à votre ado­les­cent ce que vous atten­dez de lui. Lorsqu’il est à la mai­son, il doit se plier un mini­mum aux exi­gences de la vie de famille.

Exemples :

  • Quand vous ren­trez tard et que vous le trou­vez affa­lé sur le cana­pé entou­ré de paquets de chips vides et de tar­tines de Nutel­la, dites-lui : « Je rentre tard presque tous les soirs et j’ai besoin que le salon soit en état. Demain, je veux que tu aies débar­ras­sé avant mon retour ».
  • S’il ne se pré­sente pas au repas, vous pou­vez le pré­ve­nir qu’au repas sui­vant, l’ordinateur sera cou­pé d’office. Faites-le, mal­gré ses pro­tes­ta­tions : « Oui, mais Maman, là j’étais en train de …» , « Arrête main­te­nant Papa, tu m’empêches de sau­ve­gar­der ! »
  • Exi­gez un mini­mum d’hygiène dans sa chambre. A vous de voir la fré­quence mini­male (men­suelle ?) pour un petit net­toyage super­fi­ciel, pour qu’il mette le linge sale dans la cor­beille dédiée (heb­do­ma­daire ?), aérer régu­liè­re­ment (ça c’est un concept 😉
  • Pas de récri­mi­na­tion de sa part si son tee-shirt ou sa tenue de sport n’est pas dis­po­nible le jour J. Tant pis pour lui …
  • Dites-lui « Je sais que tu tenais beau­coup à aller à ce concert, mais tu as une fièvre de 39,5°C. Tu dois res­ter au lit ».
  • Dites plu­tôt « Je n’accepte pas que tu nous insultes ou que tu insultes ton frère, ni que tu sois bles­sant » (voir l’ar­ticle « Votre ado­les­cent vous insulte, com­ment gérer ? »).

Quelques conseils pour gérer l’équilibre dans l’éducation de votre enfant au quotidien

  • De temps en temps, faites des « pauses » dans le temps d’autorité. Les jours où vous êtes de bonne humeur, faites sem­blant de ne pas voir le bazar, de ne pas rele­ver son agres­si­vi­té ou son manque de coopé­ra­tion.
  • Évi­tez les réac­tions à chaud. Atten­dez plu­tôt le moment oppor­tun pour évo­quer un sujet et en dis­cu­ter cal­me­ment (voir l’ar­ticle « Com­ment réagir face aux émo­tions extrêmes de votre ado­les­cent ? »).
  • Éta­blis­sez des horaires pour les repas et pré­ve­nez (par exemple) dix minutes avant.
  • Enga­gez la conver­sa­tion sur les loi­sirs, sur les pro­jets de votre adolescent.
  • Deman­dez-lui son avis sur des sujets géné­raux : actua­li­tés, sport, politique.
  • Per­met­tez-lui occa­sion­nel­le­ment de rece­voir ses amis dans le salon en le lais­sant tout gérer, afin qu’il se rende compte de ce que veut dire « ran­ger seul » après le départ des copains, sans l’aide des parents. Oui, là, c’est vrai­ment très dur, allez plu­tôt faire un tour …
  • Deman­dez-lui de temps en temps de prendre en charge un repas (voir l’ar­ticle « Le com­por­te­ment ali­men­taire de votre ado vous agace : les trois solu­tions »).

Et vous, quel est l’in­gré­dient que vous mai­tri­sez le mieux, ou celui qui vous fait défaut pour l’é­du­ca­tion de votre enfant ?
N’hé­si­tez pas à par­ta­ger votre expé­rience dans les commentaires 😉

Bienvenue sur Adolescence Positive !

Photo de Carole Levy

Vous êtes parent, édu­ca­teur ou ani­ma­teur. Vous vous inté­res­sez par­ti­cu­liè­re­ment à la période de l’a­do­les­cence… Vous êtes au bon endroit !

Je m’ap­pelle Carole Levy et je par­tage avec vous mes appren­tis­sages, mes expé­riences et mes connais­sances.

Pour savoir pour­quoi et com­ment, je vous l’ex­plique dans “A pro­pos.”

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2 Commentaires 

  1. Môme-autonome

    Cet article est très utile.
    Il n’est pas tou­jours facile de doser auto­ri­té et indul­gence. Mon aîné à 14 ans et il oscille entre la coopé­ra­tion lié à l’en­fance et le scep­ti­cisme de l’adolescence.
    En ce qui me concerne j’ai mis en place des horaires fixe pour les devoirs, les repas et l’heure du cou­cher. Tout le monde met la table, débar­rasse, par­ti­cipe éga­le­ment à la pré­pa­ra­tion des repas les mer­cre­dis et les week-end et le goû­ter du mer­cre­di se pré­sente sous la forme d’un ate­lier cui­sine. J’es­père que d’a­voir ins­tal­lé très tôt des rou­tines me don­ne­ra un bon point pour l’a­do­les­cence lol.

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    • Carole Levy

      Mer­ci pour votre riche témoignage.
      En effet, les habi­tudes prises “tôt” ne sont plus à mettre en place, c’est de l’éner­gie gagnée. Et de l’éner­gie, nous en avons besoin pour faire face jus­te­ment au “scep­ti­cisme” de l’a­do­les­cence, pour expli­quer, pour gar­der le cap.

      Répondre

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