Le comportement alimentaire de votre ado vous agace : les trois solutions

Crédits photo : Ali Inay

Le comportement alimentaire de votre ado

Vous pen­sez que votre ado mange n’importe quoi, n’importe quand ? Que votre ado­les­cent a tou­jours faim ?
Mais que vou­lez-vous dire par là ?
Je vous dresse l’in­dis­pen­sable état des lieux de son com­por­te­ment ali­men­taire, avant de vous pro­po­ser trois solu­tions à la fin de cet article.

Le petit-déjeuner d’un ado

Au début du Col­lège, votre ado a conser­vé ses bonnes habi­tudes prises à l’école pri­maire : prendre un solide petit-déjeu­ner avant de par­tir. Mais au Lycée ….

Si j’avais gagné 10 Francs chaque fois que ma mère m’a dit « Il ne faut pas par­tir le ventre vide », j’aurai pu m’acheter une montre Rol­lex à dix-huit ans, même si je n’en avais aucune envie 😉

Le lycéen quitte sou­vent son domi­cile « le ventre vide ». Car, dor­mir dix minutes sup­plé­men­taires lui parait plus impor­tant que le petit-déjeu­ner.

Le repas de midi d’un ado

Au 21e siècle, la plu­part des enfants, dès l’école mater­nelle, ne déjeunent pas chez eux.

Fille d’institutrice, j’ai eu la chance de pou­voir ren­trer chez moi « entre midi et deux » jusqu’à la fin du Col­lège. Il y avait à l’é­poque deux heures de pause pour les élèves, tout comme pour les ensei­gnants.

Mais ça, c’était « avant », dans les années 1980
En effet, selon l’étude ICAR2 menée par l’ANSES (Agence Natio­nale de Sécu­ri­té Sani­taire de l’a­li­men­ta­tion, de l’En­vi­ron­ne­ment et du tra­vail) :

  • 63% des enfants sco­la­ri­sés en écoles mater­nelle et pri­maire déjeunent au res­tau­rant sco­laire au moins une fois par semaine, contre 69% des col­lé­giens et lycéens,
  • 50% des enfants sco­la­ri­sés en écoles mater­nelle et pri­maire déjeunent au res­tau­rant sco­laire au moins trois fois par semaine, contre 64% des col­lé­giens et lycéens.

Les contraintes induites par la restauration scolaire en self-service

  • Inter­cours de seule­ment 1h30.
  • Attente par­fois impor­tante pour accé­der au ser­vice (incluant des bous­cu­lades).
  • Salle de res­tau­ra­tion bruyante (avez-vous déjà enten­du des ado­les­cents en col­lec­ti­vi­té man­ger en silence ?).
  • Néces­si­té de man­ger à toute vitesse pour ne pas arri­ver en retard au pre­mier cours de l’après-midi.
  • Qua­li­té gus­ta­tive sou­vent médiocre, et quan­ti­tés par­fois insuf­fi­santes, sur­tout pour les gar­çons. En 2009, 77% des col­lé­giens ne sont pas satis­faits de leur res­tau­ra­tion sco­laire.

Le goûter d’un ado

Les ados ne ter­minent pas leur jour­née à heure fixe au cours de la semaine : le lun­di à 15h30, le mar­di à 17h30, le jeu­di à 16h30
Ils rentrent chez eux, plus ou moins affa­més. Rap­pe­lons-nous que sou­vent, ils n’ont pas pris de petit-déjeu­ner, et qu’à la can­tine, il ne res­tait que des choux de Bruxelles.
Ils se requinquent avec un goû­ter ayant pour thème « Mes ali­ments pré­fé­rés ».

Le repas du soir en famille

Les jour­nées des parents sont ce qu’elles sont (tra­vail, temps de tra­jet, impré­vus, ren­dez-vous, etc.). A moins d’avoir pré­pa­ré la veille, comme Bree Van de Kampf, entre 21h30 et 23h00, un « Osso buc­co », per­sonne n’est à table avant 20h00.
A 20h, tout le monde est pas­sa­ble­ment érein­té et aga­cé.
Si votre ado, à 18h30, a fait main basse sur le pot de pâte à tar­ti­ner aux noi­settes, il n’en­ten­dra le fameux « A table !!! » qu’à votre troi­sième ten­ta­tive.

Mon ado mange n’importe quoi, état des lieux

La restauration scolaire

Même si les nou­velles régle­men­ta­tions (cir­cu­laire minis­té­rielle publiée le 28 juin 2001 pré­ci­sant les recom­man­da­tions en matière de nutri­tion et de sécu­ri­té ali­men­taire en res­tau­ra­tion sco­laire) ont ame­né de grands pro­grès dans les assiettes de nos enfants, l’en­semble reste à leur avis de qua­li­té médiocre.

Il est en effet com­pli­qué de conju­guer grandes quan­ti­tés et qua­li­tés gus­ta­tives d’un chef étoi­lé du guide Miche­lin ou du guide Gault et Mil­lau.

L’alimentation dite industrielle

Le manque de temps (les deux parents tra­vaillent, famille mono­pa­ren­tale, temps de trans­port impor­tant dans les grandes agglo­mé­ra­tions), incite à consom­mer du “prêt-à-man­ger”.
Inutile de gas­piller votre éner­gie à culpa­bi­li­ser de ne pas concoc­ter tous les soirs un “repas équi­li­bré” à base d’ali­ments sains ! Il est très dif­fi­cile de lut­ter contre les solu­tions clé-en-main liées à l’ali­men­ta­tion indus­trielle.

Sucres et féculents Contre Légumes et alimentation saine

Vos ados sont friands de sucres et de fécu­lents, et ont ten­dance à dédai­gner les légumes et les ali­ments sains . Si l’un aime les épi­nards, l’autre n’en accepte qu’une minus­cule por­tion dans son assiette.

Comment changer le comportement alimentaire de votre ado pour des repas sains ?

Proposition n°1 : en tant que parent, continuez à offrir des repères à votre enfant

L’éven­tail des goûts de votre ado se rétré­cit à vue d’œil. Cela ne le déran­ge­rait pas de man­ger une piz­za et des chips tous les soirs. Mais tenez bon !

Montrez à votre ado que les recommandations nutritionnelles sont compatibles avec ce qu’il aime

Votre ado veut une piz­za ? D’ac­cord, mais accom­pa­gnée d’une salade de tomates et brocolis.

  • Met­tez les fruits bien en vue. Votre ado n’aime que les man­da­rines, les oranges et les melons ? Une salade de fruits frais, ou une com­pote “mai­son” pommes-poires peuvent faire l’affaire.
  • Uti­li­sez ses ali­ments pré­fé­rés dans de nou­velles recettes.
  • Éveillez ses papilles, en lui pro­po­sant des épices inha­bi­tuelles : mas­sa­lé, coriandre, ras el hanout, cur­cu­ma, safran, etc.

Donnez l’exemple à vos enfants pour qu’ils changent de comportement alimentaire

  • Évi­tez le gri­gno­tage entre les repas.
  • Ten­tez de nou­velles recettes pour tes­ter si cela vous plait, même si “a prio­ri vous n’ai­mez pas” .
  • Recon­nais­sez vos mau­vaises habi­tudes ali­men­taires, en lui deman­dant de ne pas les adop­ter. Avouez-lui que vous révi­siez votre bac­ca­lau­réat avec sur votre bureau, un pot de 750 grammes de pâte à tar­ti­ner aux noi­settes. Durée de vie du pot : deux jours.
  • Pre­nez le temps de chan­ger peu à peu ce que vous man­gez et com­ment vous le man­gez, en recher­chant le plai­sir autant que le res­pect des recom­man­da­tions nutri­tion­nelles.

Soyez ferme, mais pas rigide

  • L’équi­libre ali­men­taire de votre ado peut se faire sur plu­sieurs jours, voire sur la semaine.
  • Soyez atten­tif aux pré­fé­rences de votre enfant, tout en lui pro­po­sant de goû­ter à tout. S’il pré­fère les bro­co­lis aux choux-fleurs, pas de problème !
  • Don­nez à votre ado la liber­té de s’au­to-gérer, car c’est ce qu’il devra faire à l’âge adulte ! 
    • Aidez votre ado à prendre conscience de ce qu’il mange, sans le culpa­bi­li­ser et sans lui impo­ser de res­tric­tions dra­co­niennes, quitte à en débattre avec lui.
    • Dédra­ma­ti­sez les excès de votre enfant, qui peuvent être pas­sa­gers suite à une situa­tion stres­sante. Inquié­tez-vous seule­ment si la situa­tion per­dure.
  • Si vous le pou­vez, pro­po­sez à votre ado un repas équi­li­bré très tôt dans la soi­rée, en rem­pla­ce­ment d’un goû­ter tar­dif et copieux.

Proposition n°2 : considérez le repas comme un temps de plaisir partagé en famille et de ressourcement

Le moment du repas du soir ne doit plus être une bagarre : ” Si tu ne t’é­tais pas jeté sur le paquet de gâteau à 19h00, tu aurais faim pour le gra­tin de cour­gettes !
Essayez une nou­velle orga­ni­sa­tion le week-end, quand tout le monde est plus dis­po­nible.

  • Votre ado n’aime pas beau­coup de fruits et dit qu’il n’a plus faim ? D’ac­cord, le repas ne doit pas for­cé­ment s’a­che­ver sur un des­sert sucré.
  • Votre ado aime écrire la liste des courses, son frère ainé est plus enclin à vous aider pour la pré­pa­ra­tion des repas : res­pec­tez leurs pré­fé­rences.

Cuisinez des aliments simples

  • Appré­ciez ce temps comme un moment de détente entre parents et enfants.
  • Invi­tez vos ados à venir échan­ger avec vous.
  • A table, ban­nis­sez les écrans et autres sources de distraction.

Proposition n°3 : différenciez vos Besoins de vos Valeurs

Vos valeurs en matière d’a­li­men­ta­tion, expo­sées dans les para­graphes ci-des­sus, doivent être dis­tin­guées de vos besoins en tant que parents.

Clarifiez vos besoins alimentaires

  • Vous sou­hai­tez limi­ter les ten­ta­tions en fai­sant une liste des courses et en vous y tenant.
  • Vous vou­driez que vos ados vous aident à :
    • faire les courses.
    • sor­tir les courses de la voi­ture, et à les ran­ger.
    • pré­pa­rer le repas de temps en temps.

Si vous êtes arri­vés à la fin de cet article, vous avez la volon­té d’aider votre ado à chan­ger son com­por­te­ment ali­men­taire. A lui apprendre à gérer son ali­men­ta­tion de manière saine.

Je vous invite à pos­ter dans les com­men­taires ci-des­sous, la pro­po­si­tion qui vous ins­pire le plus, ou à par­ta­ger une autre action que vous avez mise en place 🙂

Sources utilisées pour rédiger cet article sur le comportement alimentaire des ados

Bienvenue sur Adolescence Positive !

Photo de Carole Levy

Vous êtes parent, édu­ca­teur ou ani­ma­teur. Vous vous inté­res­sez par­ti­cu­liè­re­ment à la période de l’a­do­les­cence… Vous êtes au bon endroit !

Je m’ap­pelle Carole Levy et je par­tage avec vous mes appren­tis­sages, mes expé­riences et mes connais­sances.

Pour savoir pour­quoi et com­ment, je vous l’ex­plique dans “A pro­pos.”

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