Les ados et l’obsession de l’image : une affirmation de la personnalité

Les ados et l'obsession de l'image

Auteurs invités :

Axel Kengne, de l’a­gence digi­tale Mavens

Crédits photo : Black Bar­low, Gian Cescon

Tu te rap­pelles com­ment tu com­mu­ni­quais avec tes amis dans les années 2000 ? Des heures pas­sées au télé­phone, un flot d’e‑mails, et par­fois des lettres écrites à la main (oui, oui !). Une véri­table obses­sion… mais sans image 😉

Puis le smart­phone est appa­ru, et là, ce fut la décou­verte des SMS, MMS et groupes What­sapp. A notre façon, nous avons inté­gré les nou­velles tech­no­lo­gies dans notre quo­ti­dien avec fier­té, en pen­sant être « moderne ».

Cepen­dant, nos ados sont pas­sés à l’étape supé­rieure depuis belle lurette sans que l’on s’en aper­çoive. Désor­mais, ces der­niers ne com­mu­niquent plus que par le biais de nou­velles appli­ca­tions qui appa­raissent comme des petits champignons.

Résul­tat : une obses­sion de l’image qui frise le culte de la per­son­na­li­té, avec un lan­gage pas tou­jours compréhensible.

Cet article est rédi­gé par Axel Kengne, de l’a­gence digi­tale Mavens.

Comment l’image prend la place des mots

Fini le sty­lo, place au smartphone !

Pour un ado, ne pas avoir de smart­phone équi­vaut à ne pas avoir de télé­phone por­table (Lire : Ache­ter son pre­mier télé­phone por­table à votre enfant : les réponses).

obsession de l'image et selfies
Por­tables en mode camé­ra durant un concert – © Gian Ces­con

GIFs, Emo­ti­cônes, Snaps ou Ins­ta : tous ces petits outils sont désor­mais au cœur des conver­sa­tions entre ados. Il faut dire que les déve­lop­peurs ne manquent pas d’imagination et d’ingéniosité pour rendre leurs appli­ca­tions attrayantes. On prend une pho­to ou un sel­fie, on ajoute quelques icônes par­lantes et un lan­gage abré­gé et le tour est joué.

Le carac­tère ins­tan­ta­né répond au flux constant qui abreuve inter­net, et il a été démon­tré que les ados ne pas­saient pas plus de 30 secondes sur chaque post. Ces der­niers l’ont bien com­pris, et pour s’assurer un maxi­mum de retours, mieux vaut faire court et voyant.

Et puis, au dam l’orthographe et la langue fran­çaise, on a droit main­te­nant à des “omg”, “lol”, “irl”, “tmtc” qui néces­sitent un vrai lexique.

Car au final, le but pour eux est aus­si de se démar­quer du monde adulte en adop­tant un lan­gage commun.

Utiliser l’image pour affirmer sa personnalité

L’image per­met ain­si de com­mu­ni­quer de manière plus sim­pli­fiée et ins­tan­ta­née. Elle repré­sente aus­si le seul moyen de par­ler (ou faire par­ler) de soi et d’affirmer sa propre personnalité.

L’abondance de sel­fies est en réa­li­té une vraie quête de recon­nais­sance, pour se faire accep­ter, prendre confiance en soi, et par­fois même sus­ci­ter des jalou­sies. En gros, se faire une place sur internet.

Il faut bien gar­der à l’esprit que nos ados doivent accep­ter leurs chan­ge­ments cor­po­rels. Si à l’époque, nous pas­sions notre temps devant la glace pour déce­ler les vilains bou­tons d’acné ou autres, les ados d’aujourd’hui font de même … mais devant leur smartphone.

Et cela ne touche pas que les filles ! Si celles-ci sont sur­tout obsé­dées par leur poids, les gar­çons sont plus pré­oc­cu­pés à sculp­ter leur corps en fai­sant de la mus­cu­la­tion. Même si au final, la plu­part des ados se sentent bien dans leurs corps, se mon­trer à son avan­tage en pho­to devient vite obsessionnel.

Quel rôle doit-on jouer en tant que parent ?

Comme tu peux t’en dou­ter, cette obses­sion de l’image est à double tran­chant, et il faut res­ter extrê­me­ment vigi­lant aux échanges entre ton ado et inter­net de manière géné­rale. Cer­tains n’hésitent pas à mettre leur san­té en dan­ger pour atteindre la per­fec­tion, ou au contraire, se replient sur eux-mêmes en pen­sant ne jamais pou­voir se faire accepter.

Il est certes ten­tant de véri­fier tout ce qui se passe sur le smart­phone de ton ado, mais une telle intru­sion dans sa vie pri­vée peut être mal prise. Il est essen­tiel en tant que parent d’apporter un vrai sou­tien et d’instaurer un dia­logue même si cela est com­pli­qué à cet âge.

Et oui, votre enfant gran­dit et on s’éloigne de l’époque où tu devais seule­ment lui mon­trer com­ment ran­ger sa chambre (si d’ailleurs tu n’y arrives tou­jours pas, tu peux lire cet article sur Com­ment ran­ger sa chambre ? (pour les enfants !)). Il faut désor­mais prendre en compte son obses­sion de l’image pour l’aider à se sen­tir bien dans ses bas­kets et être heureux !

Enfin, il faut gar­der en mémoire que la chambre d’un ado est aus­si le miroir de son âme 😉

Et chez toi, quel est le rap­port à l’i­mage de ton ado ? N’hé­site pas à par­ta­ger dans les commentaires 😉

Bienvenue sur Adolescence Positive !

Photo de Carole Levy

Vous êtes parent, édu­ca­teur ou ani­ma­teur. Vous vous inté­res­sez par­ti­cu­liè­re­ment à la période de l’a­do­les­cence… Vous êtes au bon endroit !

Je m’ap­pelle Carole Levy et je par­tage avec vous mes appren­tis­sages, mes expé­riences et mes connais­sances.

Pour savoir pour­quoi et com­ment, je vous l’ex­plique dans “A pro­pos.”

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1 commentaire

  1. Hosni

    il est vrai que les ados consomment des images et des signes. Nos géné­ra­tions avaient des pho­tos carac­té­ris­tiques de leurs personnalités.Alors qu’ aujourd’­hui les pho­tos et les manières de les prendre sont stan­dar­di­sées.; mêmes ges­tuelles, mêmes gri­maces et mêmes pos­tures. On prend tout en pho­tos à com­men­cer par soi-même. ON prend des pho­tos des smart­phones der­nier cri à la main, sur des motos, des voi­tures même si elles ne leur appar­tiennent pas, dans des res­tos répu­tés pour les jeunes…et c’est fina­le­ment pour meu­bler le spec­tacle nar­cis­sique par le maxi­mum d’i­mages. Com­ment devrai-je être per­çu par les autres !

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