Élever son adolescent avec simplicité

Comment élever son ado avec simplicité

Crédits photo : Gabrie­la Janku

Pour écrire cet article, j’ai comme d’ha­bi­tude ras­sem­blé des infor­ma­tions sur le sujet : éle­ver son ado avec sim­pli­ci­té. Je me suis plon­gée dans la lit­té­ra­ture dédiée à “L’art de la sim­pli­ci­té”… mais je n’ar­ri­vais pas à démê­ler mes idées pour abor­der le sujet “à ma sauce”, tout sim­ple­ment. Oui encore ce mot “sim­ple­ment”. Je ne m’é­tais pas posée pour m’écou­ter, enva­hie par toutes les infor­ma­tions recueillies. N’est-ce pas un peu le genre de situa­tions vécues au quo­ti­dien par cha­cun d’entre nous ?

Laboratoire d’idées : “Retrouver une certaine simplicité

Quand Guillaume, du blog “San­té des Enfants et Envi­ron­ne­ment ” m’a pro­po­sé de par­ti­ci­per au labo­ra­toire d’i­dées “Vers un monde meilleur”, sur le thème du mois “Retrou­ver une cer­taine sim­pli­ci­té “, devi­nez quoi, je suis mise à cogi­ter… Je vous invite à décou­vrir l’ar­ticle de Guillaume “Com­ment un envi­ron­ne­ment mini­ma­liste peut favo­ri­ser la san­té des enfants”.

Je me sou­viens de ma pre­mière “for­ma­tion qua­li­té ” en entre­prise en … 1997, au siècle der­nier donc. J’a­vais sur­tout rete­nu à l’é­poque le slo­ganTrop de qua­li­té tue la qua­li­té “. Nous en dis­cu­tions hier soir à table avec nos deux ado­les­cents : il est pos­sible d’ap­pli­quer cette for­mule à (presque) tout. “Trop d’in­for­ma­tion tue l’in­for­ma­tion”, “Trop de thon en boite tue le thon”, “Trop d’a­mour tue l’a­mour “. Cha­cun peut inter­pré­ter la for­mule à sa manière.

Ah, je m’é­gare… retrou­vons notre sujet, la sim­pli­ci­té.

Com­ment “faire simple” quand on élève un ado­les­cent : éle­ver son ado dans la sim­pli­ci­té ? Voi­ci la véri­table ques­tion à se poser, le grand défi à rele­ver ! Parce qu’un ado­les­cent, par défi­ni­tion, se pose des ques­tions, s’emballe, remet en ques­tion ce qu’il vient d’ap­prendre… Bref, un “tumulte” à domicile.

Pour éle­ver votre ado avec sim­pli­ci­té, je vous pro­pose de vous foca­li­ser sur les trois axes suivants :

  • Res­tez cen­tré sur vos prio­ri­tés et vos valeurs.
  • Posez-vous la ques­tion de l’authen­ti­ci­té de vos actes ou décisions.
  • Pré­fé­rez la sou­plesse à la psy­cho­ri­gi­di­té pour éle­ver votre adolescent.

Ain­si, vous aide­rez votre ado­les­cent à s’ap­pro­prier ces habi­tudes.

Restez centré sur vos priorités et vos valeurs

En ce début de 21e siècle, les parents sou­haitent appor­ter à leurs enfants une bonne san­té, une édu­ca­tion de qua­li­té, un envi­ron­ne­ment quo­ti­dien épa­nouis­sant, une ali­men­ta­tion saine.

Tout comme vos voi­sins et amis (vive le co-voi­tu­rage !), vous ins­cri­vez tous les ans votre enfant à une mul­ti­tude d’ac­ti­vi­tés extra-sco­laires : foot­ball, école de musique, judo, danse, théâtre, arts plas­tiques, etc.

Aus­si, avec la par­ti­ci­pa­tion active des grand-parents, amis, oncles et tantes, la chambre de votre ado­les­cent est rem­plie de vête­ments, de livres, de jeux, de gad­gets, d’élé­ments de déco­ra­tion. Vous n’ar­ri­vez plus à poser un pied sur le sol (voir article : “Les enjeux liés au chaos de la chambre de votre ado­les­cent” ).

Tout comme vous, votre ado­les­cent est sub­mer­gé par :

  • trop d’af­faires,
  • trop de choix,
  • trop d’in­for­ma­tions,
  • trop de rapi­di­té.

Il est temps de faire le point et de vous poser des ques­tions de ce type :

  • Doit-on pri­vi­lé­gier l’être ou l’avoir ?
  • Peut-on choi­sir des cadeaux sym­bo­liques et créa­tifs, au lieu d’ob­jets coû­teux et “dans l’air du temps” ?
  • Com­ment accep­ter les crises et apprendre à les gérer, pour accé­der à de nou­velles étapes de vie ?
  • Com­ment pas­ser plus de tempsensemble” ?
  • Suis-je en train de négli­ger mes obli­ga­tions (devoirs, pape­rasses, ren­dez-vous, etc.) ?
  • Le mieux n’est-il pas l’enne­mi du bien ?

Posez-vous la question de l’authenticité de vos actes ou décisions

  • Favo­ri­sez une consom­ma­tion éclai­rée plu­tôt qu’une consom­ma­tion impul­sive, voire compulsive.
  • Encou­ra­gez votre enfant à faire ses choix selon ses goûts propres, non selon les canons de la mode. Un ado­les­cent peut avoir du mal à défi­nir ses goûts, et pour­ra par faci­li­té avoir ten­dance à suivre les goûts de ses amis, donc du mar­ke­ting de masse.
  • Évi­tez le poids du trop-plein : infor­ma­tions en flux conti­nu dif­fi­ciles à gérer et à ratio­na­li­ser. Votre ado­les­cent a besoin de moments de calme pour réflé­chir et éva­cuer ses ten­sions.
  • Quand vous hési­tez sur une déci­sion à prendre vis-à-vis de votre ado­les­cent, posez-vous ces deux questions : 
    • Que vais-je lui ensei­gner par ce choix sur le long terme ?
    • Dans quel but est-ce que j’a­gis de la sorte, et pour obte­nir quoi ?

Préférez la souplesse à la psychorigidité pour élever votre ado dans la simplicité

Vous avez pro­ba­ble­ment dans votre entou­rage une ou deux per­sonnes psy­cho­ri­gides. Même si elle consti­tue une forme de pro­tec­tion, la psy­cho­ri­gi­di­té est un com­por­te­ment nui­sible.

Votre ado­les­cent ren­contre par­fois par­mi ses ensei­gnants ce type de per­sonnes. Il doit alors céder, avec un pro­fond sen­ti­ment d’injus­tice. Si céder n’est pas son genre, il va tenir tête et en subir les conséquences.

Il est donc néces­saire de ne pas être psy­cho­ri­gide à votre tour, mais de faire preuve de sou­plesse, même si le yoga et vous, cela fait deux.

Il n’est pas pour autant sou­hai­table de déni­grer un pro­fes­seur… Il s’a­git de favo­ri­ser l’écoute, le dia­logue avec votre ado­les­cent, pour com­prendre ce qui lui est deman­dé, et le refor­mu­ler. Par exemple :

Si j’ai bien com­pris, tu es convo­qué en conseil de dis­ci­pline parce que tu as dit 👿 à ton pro­fes­seur de Sciences Phy­siques ?

Chacun sa simplicité

Les vacances de la Tous­saint appro­chant, j’ai cher­ché une des­ti­na­tion d’esca­pade en famille… pour réa­li­ser en fin de comptes (finan­cier et psy­cho­lo­gique), que cela était une source de com­pli­ca­tions.

Le mois de sep­tembre nous a tous mis à plat… En res­tant à la mai­son, nous pour­rons trou­ver le temps pour nos obli­ga­tions, nos loi­sirs et notre détente.

Des exemples :

Même si tous les che­mins mènent à Rome, cer­tains sont plus simples que d’autres, mais pas moins inté­res­sants. Cha­cun de nous peut défi­nir sa propre sim­pli­ci­té, ses valeurs, ses prio­ri­tés.

Et vous, que comp­tez-vous faire cette semaine pour sim­pli­fier votre quo­ti­dien avec votre adolescent ?

J’ai hâte de lire vos par­tages dans les commentaires…

Sources :

Bienvenue sur Adolescence Positive !

Photo de Carole Levy

Vous êtes parent, édu­ca­teur ou ani­ma­teur. Vous vous inté­res­sez par­ti­cu­liè­re­ment à la période de l’a­do­les­cence… Vous êtes au bon endroit !

Je m’ap­pelle Carole Levy et je par­tage avec vous mes appren­tis­sages, mes expé­riences et mes connais­sances.

Pour savoir pour­quoi et com­ment, je vous l’ex­plique dans “A pro­pos.”

Articles qui questionnent

7 Commentaires 

  1. Elise

    J’ai trois enfant : deux petits et une ado­les­cente. J’ar­rive plu­tôt à gérer les petits mais l’aî­née au tout début de son ado­les­cence j’ai galé­rer avec ses sauts d’hu­meurs après le col­lège et sa croyance qu’elle est adulte. J’ai alors cher­cher des solu­tions pour lui faire com­prendre que la vie n’est pas si simple. Je l’ai par­ler cal­me­ment sans m’é­ner­ver et là elle m’a écou­ter. C’é­tait à ce moment que moi même j’ai com­pris l’im­por­tance du dia­logue entre mère et fille. Main­te­nant elle me raconte presque tous et on s’en­tend mer­veilleu­se­ment bien.

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    • Carole Levy

      Bon­jour Elise,
      Bra­vo pour cette belle entente avec votre jeune ado.
      C’est un fait que le dia­logue et l’é­coute active per­mettent d’ins­tau­rer une rela­tion de confiance 🙂
      A bientôt,
      Carole.

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      • Elise

        Mer­ci à vous et j’at­tend votre pro­chain article.
        A bientôt

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  2. Guillaume

    Il me semble que l’as­pect “débor­dé” de nos enfants est très bien vu, pro­ba­ble­ment encore plus pour les ados. tes réflexions me font pen­ser à une des expli­ca­tions mises en avant par plu­sieurs auteurs (Richard Louv, Scott Samp­son, Louis Espi­nas­sous, …) pour expli­quer la décon­nexion de nos enfants avec la nature : leur emploi du temps est sou­vent rem­pli d’ac­ti­vi­tés, enri­chis­santes mais ne lais­sant presque plus de place au temps libre, et en par­ti­cu­lier au temps libre dans la nature.

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    • Carole Levy

      Bon­jour Guillaume,

      Mer­ci pour ton par­tage d’auteurs.
      Je connais­sais Louis Espi­nas­sous, pas­sion­née de contes et ayant le coeur à moi­tié béar­nais. Je découvre donc avec joie Richard Louv et Scott Sampson.
      La plus grande dif­fi­cul­té pour les cita­dins est effec­ti­ve­ment de res­ter connec­tés à la nature. Quand les enfants sont petits, ils suivent les parents au parc, au bois, mais à l’a­do­les­cence cela devient com­pli­qué … ne serait-ce que de les convaincre de poser leur télé­phone portable.
      En ce qui concerne mes ados, j’es­saie de pas­ser par la case “sport de plein air” mais j’a­voue qu’à moins de don­ner l’exemple, ce que je n’ai pas tel­le­ment le temps de faire, ils sont assez peu réceptifs.

      A bien­tôt,

      Carole.

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  3. DESPREAUX

    Bon­jour,
    Votre article,très inté­res­sant d’ailleurs,me laisse songeuse !
    Com­ment dire,avec ma fille(16 ans) tout est compliqué…J’ai l’im­pres­sion que les idées que vous proposez,sont plus adap­tées pour des ados plus jeunes.
    Pas­ser des moments avec elle,comme j’aimerai !
    Orga­ni­ser des moments jeux avec ses amis.…..
    Le cinéma,ça c’est plu­tôt avec ses amis !
    L’ai­der à faire du tri,la seule aide qu’elle accepte,c’est que je lui donne un carton !
    Gar­der le cap sur nos valeurs,elle rejette tout d’un bloc,ne pas être rigide,nous fai­sons beau­coup d’ef­forts la dessus.
    Bref,j’ai le sen­ti­ment que,dans la vraie vie avec un ado,les choses sont dif­fi­ci­le­ment simples.…

    Répondre
    • Carole Levy

      Bon­jour,

      Je vous remer­cie pour votre retour. Je suis bien d’ac­cord avec vous : dans la vraie vie avec un ado, les choses sont dif­fi­ci­le­ment simples. Elles prennent aus­si du temps pour se mettre en place.
      Les solu­tions que je vous pro­pose dans mes articles sont celles qui fonc­tionnent pour moi. Je ne dis pas que cela marche pour tout le monde, rapi­de­ment et en permanence.
      A cha­cun de s’ap­pro­prier ces outils et les conju­guer avec ses valeurs fami­liales, de les modi­fier aus­si au cours du temps.
      Je suis, tout comme vous, une mère avec ma propre his­toire et mes propres valeurs, et mes ados sont uniques et se forgent aus­si leurs valeurs qui ne seront pas for­cé­ment celles de leurs parents.
      Votre fille a “seule­ment accep­té un car­ton” pour l’ai­der à faire du tri. Cela vous parait peut-être insuf­fi­sant, mais elle déjà fait un pas vers vous.
      Accep­ter que le dia­logue mette du temps à s’é­ta­blir est très dif­fi­cile. Com­prendre pour­quoi nos ados nous rejettent en bloc néces­site une intros­pec­tion trop sou­vent dou­lou­reuse. Mais les réponses existent, elles voient le jour à l’aide d’un dia­logue res­pec­tueux de part et d’autre.
      Si notre dou­leur est trop impor­tante, il ne faut pas hési­ter à sol­li­ci­ter l’aide d’un pro­fes­sion­nel qui nous appor­te­ra un regard dif­fé­rent et nous redon­ne­ra du courage.
      Et ce n’est pas être fou que de vou­loir être plus heureux !

      Bien à vous,

      Carole.

      Répondre

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