Crise d’ado, même pas mal ! Un étape difficile pour parents et adolescents

ça y est, vous y êtes, ou plu­tôt, votre enfant s’y trouve, en plein dedans. L’a­do­les­cence : la période char­nière entre l’enfance et l’âge adulte. Expli­ca­tions sur la crise d’ado !

C’est l’adolescence !

Vous avez lu (ou pas) de nom­breux livres dans les­quels l’auteur vous explique que beau­coup de parents se réveillent un jour, et découvrent qu’on leur a « échan­gé leur bébé » contre un phé­no­mène qu’on nomme cou­ram­ment « ado­les­cent ». Cela se mani­feste plus ou moins ainsi :

  • Votre enfant est qua­si­ment en per­ma­nence affa­lé sur la cana­pé.
  • Il ne vous adresse presque plus la parole.
  • Votre enfant se met en colère contre vous à tout bout de champ.
  • Votre ado claque les portes, hurle, vous accuse de lui pour­rir la vie, vous insulte, etc.

En lisant ces livres (ou pas), en dis­cu­tant avec des amis ou des col­lègues, vous vous êtes dit : « Oh ! Mais le mien n’est pas comme cela. Nous avons une excel­lente rela­tion. Je le com­prends, il se confie à moi. Il n’y aura pas de pro­blème en ce qui nous concerne ».

Et puis un jour, BAM !!!
Le cata­clysme arrive chez vous. Comme il n’était ni invi­té, ni bien­ve­nu, vous ne savez pas com­ment le rece­voir, car il est bien ins­tal­lé et semble ne plus vou­loir s’en aller.

C’est la crise d’ado !

Vous vous sen­tez dému­ni. Vous ne com­pre­nez pas : tout allait pour­tant si bien. Mais ça, c’é­tait AVANT !

Vous vous posez (ou pas) des ques­tions du style :

Mais qu’ai-je fait pour méri­ter / déclen­cher cela ? 

La réponse est : “Rien, ou pas grand-chose”.
La suite de la réponse : “C’est NORMAL”.

Comme la plu­part des parents, vous vous deman­dez (ou pas) :

Et main­te­nant, on fait quoi ?

J’aimerais pou­voir vous dire : « Il ne faut pas vous en faire, cela va pas­ser tout seul ». “Il fait seule­ment sa crise d’a­do.“
Mais ce n’est pas ce que je me suis dit quand ce “phé­no­mène” a débar­qué chez nous. Je n’ai donc logi­que­ment pas envie de vous le dire. Je ne sou­haite pas vous encou­ra­ger à vous pri­ver de ce lien for­mi­dable que vous pou­vez avoir avec votre enfant, « le temps que ça passe ».

La transition entre l’enfance et l’âge adulte

L’ado­les­cence est le moment de sa vie où votre enfant a le plus besoin de vous. C’est aus­si mal­heu­reu­se­ment le moment de sa vie où vous le trou­ve­rez abso­lu­ment le plus insup­por­table. D’ailleurs par­fois, vous ne le sup­por­te­rez plus, il vous arri­ve­ra même de le lui dire.

Vous n’êtes pas par­fait, tant mieux, ce n’est pas ce que votre ado vous demande, même si par­fois il vous le reproche. Sans le savoir, il vous demande de l’aider à tra­ver­ser le fleuve entre l’enfance et l’âge adulte. Le fleuve est pro­fond, il y a des remous.

Votre enfant doit construire une barque sur laquelle il devra s’engager seul, sans vous. Il ne sait pas com­ment construire une barque, il ne sait pas com­ment ramer dans le cou­rant, il ne sait pas com­ment accos­ter sur l’autre rive, même s’il vous déclare le contraire dès que vous lui pro­di­guez un conseil.

Votre enfant passe une grande par­tie de son temps et de son éner­gie à ramer à contre-cou­rant, pour voir, pour vous prou­ver, pour se prou­ver qu’il peut faire sans vous. Cette atti­tude le fatigue et use votre bien­veillance.

Votre enfant vous dit (ou vous hurle) qu’il faut lui lais­ser gérer. Pour­tant, com­plè­te­ment ter­ro­ri­sé, il a l’impression que per­sonne ne le com­prend, et que vous êtes en train de le lâcher.

Pas simple non ?

Cet article ne vous donne pas d’as­tuce à pro­pre­ment dit, mais vous signi­fie que même si peu de monde en parle de manière dra­ma­tique, vous n’êtes pas seul au monde dans cette tra­ver­sée par­ti­cu­lière de la vie.
Il y a des solu­tions pour évi­ter des souf­frances trop fortes, pour les parents comme pour les enfants.

C’est cette recherche de solu­tions que je vous pro­pose dans ce blog.

Je vous rap­porte une courte conver­sa­tion qui m’a don­né beau­coup d’es­poir, avec mon fils cadet, venu me deman­der pour­quoi je pleurais :

  • « Je suis fati­guéePeut-être que je m’inquiète trop pour des choses sans impor­tance… Par exemple ton frère qui est un peu dif­fi­cile en ce moment ».
  • « Mais ce n’est pas si grave, Maman. Il est en pleine ado­les­cence. Il a juste besoin d’être un peu seul et de se défou­ler ».

Et vous, que vivez-vous en ce moment avec votre ado ? N’hé­si­tez pas à par­ta­ger dans les com­men­taires ci-dessous 😉

Bienvenue sur Adolescence Positive !

Photo de Carole Levy

Vous êtes parent, édu­ca­teur ou ani­ma­teur. Vous vous inté­res­sez par­ti­cu­liè­re­ment à la période de l’a­do­les­cence… Vous êtes au bon endroit !

Je m’ap­pelle Carole Levy et je par­tage avec vous mes appren­tis­sages, mes expé­riences et mes connais­sances.

Pour savoir pour­quoi et com­ment, je vous l’ex­plique dans “A pro­pos.”

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10 Commentaires 

  1. Emi

    Bon­jour, Je suis en quête per­pé­tuelle de blog, de livre qui me per­mettent de tenir avec la tra­ver­sée de l ado­les­cence de ma fille. 13 ans déjà et seule­ment et en même je suis depuis quelques mois dému­nie devant son carac­tère si dure et égoïste. De plus sa mala­die, l Epi­lep­sie nous a fait avoir beau­coup de frayeur l an pas­sé, les médi­ca­ments me laissent par­fois pen­ser que ce sont eux qui la pousse à être si dure, mais après je me rends compte que je ne suis pas un cas iso­lé. Plus rien ne l inté­resse sur­tout pas nous, inter­net, les réseaux sociaux les ren­contres et dis­cus­sions vir­tuelles avec de par­fait incon­nu me font peur et en même temps nous contrô­lons tel­le­ment tout avec mon mari que je me demande com­ment font les autres parents qui sont moins à tout sur­veiller et tout le temps Nous avons vu une psy super, je souffle un jour deux jours je me rem­plis d espoirs et le troi­sième jour ça hurle Elle se révolte de tout et contre nous, sur­tout nous sa famille Aider sa grand mère une heure sur deux mois de vacances nous a coû­té des heures de dis­pute et vio­lence ver­bale pour qu elle accepte d y aller pour autant en fai­sait une tête Mais que faire ? l igno­rer ? lui pas­ser ? s éloi­gner Pri­ver de por­table, de sor­ties .… Je me rends compte que je pense toute la jour­née aux crises de la veille et j ai besoin de souf­fler sachant que la ren­trée approche et va nous réser­ver un stress sup­plé­men­taire de devoirs, réus­site, sor­ties … Bref On adore nos ados mais on ne sait plus quoi faire J en viens même à me deman­der si à l âge adulte nous serons proches Car elle prend la direc­tion de sa tante de 30 ans qui ne vit que pour elle et “emmerde” le reste du monde, par­don­nez moi l expres­sion. En vous remer­ciant pour la réa­li­sa­tion de ce blog, bon cou­rage à tous

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  2. Claire FIALIPS

    Mer­ci beau­coup Carole,
    Nous avons pas­sé de bons moments avec notre grand ces der­niers jours et il s’est ouvert un peu plus. Il nous a dit qu’il avait beau­coup peur de l’a­ve­nir car il a des dif­fi­cul­tés à suivre en classe. Nous avons beau­coup par­lé à ce sujet et je pense qu’il avait besoin d’être ras­su­ré. Il a l’air d’al­ler mieux. Il a été sui­vi pen­dant quelques temps par des pédo­psy­chiatres et par une psy­cho­mo­tri­cienne mais le cou­rant n’é­tait pas vrai­ment pas­sé. Nous lui avons aus­si par­lé de l’hyp­no-thé­ra­peute mais il ne veut pas le voir pour l’ins­tant. Mais, il a com­men­cé des séances d’or­tho­pho­nie et ça a l’air de lui plaire. Nous sommes peut-être sur le bon chemin…
    Mer­ci beau­coup pour vos conseils,
    Claire

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  3. Claire FIALIPS

    Mer­ci pour vos témoi­gnages. D’une cer­taine façon ça fait du bien de ne se savoir pas seule.
    Nous avons un ado de 15 ans, adop­té à l’age de 2ans1/2 au Congo, qui ne nous parle pra­ti­que­ment plus depuis plus d’1 an déjà à part pour répondre oui/non sans plus à nos ques­tions. Il était pour­tant si sou­riant et joyeux avant cela. Il a main­te­nant tout le temps l’air mal­heu­reux mais il ne veut pas nous en par­ler mal­gré mes mul­tiples ten­ta­tives tout en dou­ceur. Il grogne sou­vent pour un oui ou un non : des légumes au repas, une balade en famille au lieu d’un week-end enfer­mé dans sa chambre, une ques­tion sur sa jour­née au lycée, etc. Il nous fait aus­si la tête, et cela pen­dant des heures voir même 2 jours, si on a le mal­heur de lui faire le moindre petit reproche. Nous en sommes réduit à mesu­rer chaque mot pour ne pas le frois­ser… Evi­dem­ment, les choses ne vont plus non plus du côté résul­tats sco­laires et il ne veut plus qu’on l’aide. Bref, c’est la crise et nous ne savons plus trop com­ment l’ai­der. Une amie m’a conseillé un hyp­no-thé­ra­peute. Qu’en pen­sez-vous ? J’ai peur de le frois­ser en lui pro­po­sant cela…

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    • Carole Levy

      Bon­jour Claire,
      Hor­mis le fait qu’un ado de 15 ans , pour se déta­cher de ses parents, sou­haite de moins en moins par­ler avec eux ou pas­ser du temps, votre enfant est visi­ble­ment en souf­france, et vous aus­si, et ceci depuis longtemps.
      Vous met­tez en avant le fait qu’il ai été adop­té, peut-être avez-vous peur de la manière dont il le vit.
      Com­ment le vivez-vous vous ‑même ?
      Vous sem­blez avoir peur de le frois­ser, ou de mal vous y prendre.
      Soyez sûre de vous-même et de votre démarche.
      Dites-lui que vous pen­sez qu’il est mal­heu­reux, et qu’il a besoin d’une aide extérieure.
      Votre rela­tion a chan­gé, vous avez per­du le contact, et cela ne vous convient pas, dites-le lui.
      Deman­dez-lui de vous sug­gé­rer des pistes, dans le res­pect et la coopé­ra­tion, pour qu’il se sente mieux.
      Il s’a­git de pri­vi­lé­gier la qua­li­té du lien entre vous, et non pas la quan­ti­té de moments partagés.
      C’est très dif­fi­cile pour nous, parents, d’ac­cep­ter ce changement.
      Le plus dif­fi­cile est de convaincre votre enfant d’al­ler à un pre­mier ren­dez-vous, quoi que par­fois, l’a­do est satis­fait qu’on lui ouvre une porte vers l’extérieur.
      Si on vous a conseillé un hyp­no-thé­ra­peute, pour­quoi pas ?
      Il y a aus­si des mai­sons des ado­les­cents, ou des CMP, qui pro­posent une éva­lua­tion par une équipe, au sein de laquelle votre enfant pour­rait trou­ver une per­sonne réfé­rente qui lui convienne.
      Mais gar­dez en mémoire que le pro­ces­sus peut être long, gar­dez courage.
      Bien à vous,
      Carole.

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  4. Gwenahelle

    Moi aus­si je me sens par­fois dému­nie devant mes deux ados!! Mais je sais qu’ils en souffrent eux aus­si et j’es­saye de res­ter calme même si c’est pas tou­jours facile, sur­tout avec ma fille, j’ai l’im­pres­sion qu’elle n’a qu’une envie c’est de s’en­fuir de la mai­son pour ne plus nous voir !

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  5. Carole Levy

    Mer­ci Corinne pour votre témoignage.
    Il m’ar­rive aus­si de pen­ser que “ça va encore être une soi­rée pénible”, et sou­dain, on arrive à les “cap­ter” et l’é­change se fait à nouveau.
    A gar­der en mémoire pour les moments plus difficiles.

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  6. Corinne DESPREAUX

    Oui…C’est bien beau les bonnes intentions!Seulement parfois,après une jour­née dif­fi­cile et exténuante,elles ne sont pas assez fortes devant un,voir deux ados en pleine forme!!!!!
    Il y a des jours avec et des jours sans,des jours où le dia­logue est fluide,les rires et les sou­rires laissent place aux cris et aux mines renfrognées.Alors ce jour là,ce jour zen,ou même,cette heure là,oui,je pro­fite de mes ados,parfois qu’ avec l’ un des deux,ça fait un bien fou !
    J’es­saie d’ap­pré­cier ces moments d’écoute,de par­tage et je dirai même d’amour,cela redonne espoir en un ave­nir plus serein.…..

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  7. Alexandra

    Bra­vo Carole pour ce blog ! Je ne pense pas qu’at­tendre que “la crise d’a­do­les­cence passe” et se mettre en posi­tion de pas­si­vi­té soit une solu­tion. Je pré­fère en pro­fi­ter pour créer ou conti­nuer à créer des liens avec nos enfants. Il n’y a pas d’âge, ce n’est jamais trop tard. Je crois énor­mé­ment en l’é­coute active et bien­veillante qui per­met d’en­tendre sans juger ce que dit l’autre (même si on n’est pas d’ac­cord). J’ai écrit un ebook (un outil miracle pour des enfants et parents épa­nouis) à ce sujet que l’on peut se pro­cu­rer gra­tui­te­ment sur mon blog (http://​parents​-heu​reux​-enfants​-heu​reux​.com). N’ou­blions pas que chaque jour qui passe nous rap­proche du jour où notre ado par­ti­ra … Pro­fi­tons de tous ces jours en leur présence !

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    • Carole Levy

      Mer­ci Alexandra.
      Il est en effet indis­pen­sable de main­te­nir le lien avec notre enfant, ceci mal­gré les dif­fi­cul­tés, et pro­fi­ter des moments d’ac­cal­mie pour dis­cu­ter et se connec­ter, même brièvement.

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