Comment transmettre sa passion de la musique à ses enfants ?

Crédits photo : Conde­si­gn, StockS­nap, Hei­di Blom­ster, Musik­schule, Carole Levy

Dans cet article, je ne sou­haite pas vous don­ner une liste exhaus­tive de ce qu’il faut faire pour trans­mettre sa pas­sion à ses enfants. Cepen­dant, je ne résiste pas à l’en­vie de vous dire, que s’il fal­lait ne rete­nir qu’une seule phrase, cette phrase serait, selon moi :

Vivez votre pas­sion sans l’im­po­ser.

Je vais illus­trer cette maxime par un exemple per­son­nel : ma pas­sion pour la musique.

Évènement inter-blogueurs : “Mes passions

Cet article par­ti­cipe à un évè­ne­ment inter-blo­gueurs, sur le thème : “Mes pas­sions”. Chaque par­ti­ci­pant a pré­sen­té sa propre approche par rap­port à ce thème, pro­po­sé par Myriam Moreau, du blog Vibrer par l’art. Le résu­mé de cet évè­ne­ment est expo­sé dans son article qui ouvre le bal : “La pas­sion à tra­vers six visions”.

Ma passion pour le piano d’abord

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La pas­sion du piano

Comme beau­coup d’en­fants, j’ai démar­ré l’appren­tis­sage du pia­no assez tôt : à l’âge de huit ans, en pre­nant des cours heb­do­ma­daires en école de musique.
A l’a­do­les­cence, je pas­sais en moyenne deux heures par jour à tra­vailler mes gammes et mes arpèges. Pen­dant que les enfants de mon âge sor­taient en ville faire du lèche-vitrine, jouaient au foot­ball, ou pro­fi­taient d’une soi­rée tran­quille, j’a­vais ren­dez-vous avec mes “Études de Czer­ny” et mes “Clas­siques favo­ris du pia­no”, copi­nant avec Mozart, Haydn ou Bach.

Autant vous dire que l’on ne sort pas indemne d’une telle expé­rience. Au bon sens du terme, bien sûr. Pas de panique, je vous explique ce que je veux dire par là dans la suite de cet article 😉

Tout d’a­bord, pro­cé­dons par ordre chro­no­lo­gique, une vieille habi­tude chez moi, qui a le mérite de m’évi­ter de perdre le fil de mes pen­sées.

Mes études supé­rieures me deman­dant de lâcher l’af­faire, je mis donc entre paren­thèses ma pra­tique ins­tru­men­tale pen­dant quelques années. J’a­vais cepen­dant ten­dance à bien m’en­tendre avec des per­sonnes pas­sion­nées de musique, notam­ment des accros du “Prin­temps de Bourges”, qui me fai­saient décou­vrir des musiques hors des sen­tiers bat­tus, qui ne ren­traient pas dans les cir­cuits habi­tuels des varié­tés fran­çaises et internationales.

De temps en temps, quand un pia­no appa­rais­sait dans mon champ de vision quo­ti­dien, je tra­vaillais quelques semaines pour accom­pa­gner un ami au chant, André pour ne pas le citer, pour un concert orga­ni­sé par les étu­diants, sur un air de “La flûte enchan­tée” de Mozart, ou un med­ley de “West Side Sto­ry” . Que du bon­heur, mais très ponctuel.

Je pas­sais ain­si du sta­tut de “pia­no solo”, seule dans ma bulle, à “pia­no duo face à un public”. Les gens venaient vers moi en me disant : “Ah ! Mais je ne savais pas que tu avais ce talent !” . Moi, je pen­sais que c’é­tait sur­tout le fruit d’un tra­vail et d’une pas­sion, mais cela me fai­sait plaisir.

Je garde un sou­ve­nir ému de la carte de remer­cie­ments rédi­gée par le pro­fes­seur de chant d’An­dré, heu­reuse, je la cite, d’a­voir été l’oc­ca­sion de me don­ner l’op­por­tu­ni­té de me remettre à la musique.

Ma passion pour le violon ensuite

Découverte de la musique traditionnelle

Jeune adulte, j’ai décou­vert la musique tra­di­tion­nelle lors d’un concert don­né dans un pub de Glas­gow. Ce fut un véri­table coup de foudre pour le vio­lon. Pas pour le musi­cien, comme à l’é­poque cer­tains auraient pu le pen­ser. En me réveillant le len­de­main matin, je décla­rais solen­nel­le­ment à mes amis : “Je me mets au vio­lon, je vais jouer comme le gars d’hier soir”. L’un d’entre eux m’a répon­du en plai­san­tant : “Si tu te mets au vio­lon, je me mets à la gui­tare”.

Moi, j’é­tais très sérieuse. La musique pour moi, ça ne rigole pas !

Apprentissage de la musique “à l’oreille”

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Ma pas­sion du violon

A mon retour en France quelques jours plus tard, je me suis donc pro­cu­ré un vio­lon en loca­tion, et je me suis ins­crite à un ate­lier de musique tra­di­tion­nelle. Je pra­ti­quais le vio­lon “à l’o­reille” , encore une fois de manière assi­due et pas­sion­née. Une heure par jour en moyenne. Pro­grès ful­gu­rants, inté­gra­tion à un groupe local de musi­ciens ama­teurs, ren­contre de l’âme sœur, musi­cien éga­le­ment, un véri­table conte de fées.

Plus facile à trans­por­ter que le pia­no, mon vio­lon vibrait près de mon cœur.
Mais autant vous dire que pour les concerts, j’a­vais envie de me cacher sous la scène au moment de faire les balances, seule devant le micro. Heu­reu­se­ment, une fois les réglages ter­mi­nés, les notes cou­laient avec flui­di­té. J’é­tais ras­su­rée par le sou­tien des autres musi­ciens du groupe.

Quelques années plus tard, pen­dant mes gros­sesses, mon vio­lon envoyait ses ondes magiques au corps endor­mi de mes enfants, avant même qu’ils ne voient le jour.

Ma passion pour le chant enfin

Ce n’est que jeune maman proche de la qua­ran­taine, que le pia­no est reve­nu prendre une place de choix dans ma vie. J’a­vais la pos­si­bi­li­té de prendre des cours sur mon lieu de tra­vail. J’ai aus­si inté­gré un ate­lier de cho­rale. C’é­tait plus facile de se fondre dans un groupe, car ain­si per­sonne ne m’en­ten­dait, enfin c’est ce que je croyais.

Mon pro­fes­seur me disait “Allez, il faut oser chan­ter !” Com­plè­te­ment téta­ni­sée au départ, j’ai appris à me détendre et à ouvrir grand la bouche. Après tout, je chan­tais à peu près juste à l’a­do­les­cence, quand je pre­nais des cours de sol­fège en école de musique 😉

Lais­ser cir­cu­ler le souffle, ven­ti­ler son corps et son âme. Mes col­lègues et moi sor­tions des ate­liers en chan­tant et en riant : l’objec­tif était atteint.

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De fil en aiguille, j’ai eu l’oc­ca­sion de suivre aus­si des ate­liers de coa­ching vocal, pour par­ti­ci­per à des concerts ama­teurs, aus­si bien clas­siques que rock and roll. Je cla­mais seule­ment quelques mois plus tôt : “Seule au micro devant le public, jamais de la vie” .

Main­te­nant, les concerts ont lieu tous les trois mois, les répé­ti­tions de groupe sont mon lot presque quo­ti­dien. Ce n’est pas mon métier, mais cela me fait un bien fou, et cela se voit.

Pour déjouer le mau­vais stress, celui qui para­lyse, avant de chan­ter pour un concert, après mes exer­cices de res­pi­ra­tion, je me détends en jouant en salle de répé­ti­tion, mes deux airs de pia­no fétiches : “Sixième sona­tine pour pia­no” de Clé­men­ti, et le “Final” de Kul­hau. Je me sens bien.

Ces mor­ceaux, que j’ai appris et aimé il y a plus de trente ans, sont res­tés ancrés au bout de mes doigts sans que je sache m’ex­pli­quer com­ment et pour­quoi. Ou bien si. Ils sont moi et je suis eux.

Alors je n’ai plus peur de rien et je me lance, sou­te­nue par les musi­ciens et les cho­ristes, ama­teurs éclai­rés comme moi. Mes pres­ta­tions sont loin d’être par­faites, mais je me fais plai­sir et j’offre ce plai­sir au public. Je suis enfin moi-même, pleine de vie et d’éner­gie à par­ta­ger.

Transmettre sa passion à ses enfants

batterie

Des cours de musique pour transmettre sa passion ?

Mes enfants ayant aus­si un papa musi­cien ama­teur, nous leur avons pro­po­sé à l’âge de rai­son, des cours en école de musique. Pia­no pour l’ai­né, bat­te­rie pour le cadet.

Ils aimaient bien mais … pas assez pour tra­vailler régu­liè­re­ment. Après deux années de négo­cia­tions régu­lières pour pra­ti­quer ne serait-ce qu’une quin­zaine de minutes deux ou trois fois par semaine, nous nous sommes ques­tion­nés sur l’uti­li­té de les for­cer à pra­ti­quer un ins­tru­ment.

Les exi­gences en école de musique étaient de plus en plus éle­vées : contrôle tous les quinze jours, obli­ga­tion de par­ti­ci­per à un ate­lier de groupe en plus du cours de sol­fège et du cours d’ins­tru­ment. Autant de fac­teurs qui nous ont fait réflé­chir.

Ou bien transmettre sa passion par l’exemple ?

Nous avons alors déci­dé que le mieux était de les faire évo­luer dans un milieu musi­cal, et cela était le cas, sans que cela devienne une source de conflit. Et de leur lais­ser la porte ouverte :

  • Après avoir joué du pia­no, leur deman­der s’ils “veulent la place” .
  • Les com­pli­men­ter sur ce qu’ils avaient accom­pli en tant que musi­cien quand ils pra­ti­quaient un instrument.
  • Leur dire qu’ils peuvent chan­ger d’a­vis, même à l’âge adulte.
  • Les inci­ter à écou­ter beau­coup de musique.
  • S’in­té­res­ser à leurs goûts musi­caux. J’ai redé­cou­vert le rap grâce à mes deux ados : le rap n’est pas un genre mineur. J’é­cri­rai un article à ce sujet dans quelques semaines.
  • Accep­ter sans me vexer qu’ils n’aiment pas “tout ce que je fais” .
  • Leur pro­po­ser de venir m’é­cou­ter à une répé­ti­tion ou à un concert quand ils sont libres.
  • Dire à mes enfants que c’est impor­tant pour moi et que j’ai envie de leur mon­trer ce que j’aime.
  • Leur pro­po­ser de se joindre à moi pour des ate­liers “en famille” .
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Mon ado fait du piano

Argh ! J’a­vais dit que je ne ferai pas de liste.
Déso­lée !
Il y a tant à faire, cha­cun à sa manière, pour par­ta­ger sa pas­sion 😉

Dans tous les cas, ma meilleure récom­pense est de les entendre dire à leurs amis : “Ma mère est épa­nouie car elle fait de la musique” .

A la ren­trée pro­chaine, ils m’ont même deman­dé de prendre des cours de chant

C’est plu­tôt pas mal non… Qu’en pensez-vous ?

Bienvenue sur Adolescence Positive !

Photo de Carole Levy

Vous êtes parent, édu­ca­teur ou ani­ma­teur. Vous vous inté­res­sez par­ti­cu­liè­re­ment à la période de l’a­do­les­cence… Vous êtes au bon endroit !

Je m’ap­pelle Carole Levy et je par­tage avec vous mes appren­tis­sages, mes expé­riences et mes connais­sances.

Pour savoir pour­quoi et com­ment, je vous l’ex­plique dans “A pro­pos.”

Articles qui questionnent

10 Commentaires 

  1. LMC

    Bra­vo pour cette impli­ca­tion des enfants dans votre pas­sion ! A l’é­poque où les écrans mono­po­lisent leur atten­tion, c’est idéal d’a­voir une telle acti­vi­té à par­ta­ger avec eux.

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  2. Marie-Cécile

    Mer­ci pour ce par­tage Carole. Je vois que nous avons beau­coup de points com­muns. J’ai moi-même com­men­cé par le pia­no clas­sique en conser­va­toire. Puis j’ai arrê­té pour faire du vio­lon. Mais le pia­no est vite reve­nu… Plus tard, à 16 ans j’ai fait du vio­lon­celle et l’a­van­tage quand on fait un troi­sième ins­tru­ment, c’est que ça va très très vite ! Et là j’en ai fait 7 ans. J’ai d’ailleurs repris depuis peu…

    Faire d’un autre ins­tru­ment pour les pia­nistes est très enri­chis­sant, car le monde du pia­no manque par­fois de sou­plesse, de chant et de sen­sa­tions. Et de plus ton approche au vio­lon, d’a­près ce que j’ai com­pris était plus à l’o­reille et de musique tra­di­tion­nelle, soit le par­fais com­plé­ment de ta for­ma­tion d’en­fant. Les ins­tru­ments à cla­vier sont les seuls que l’on ne porte pas et avec les­quels on a très peu de contact phy­sique. D’autre part le pia­no, de part sa taille et sa cou­leur impres­sionne et ins­taure une dis­tance natu­relle. Pour les enfants cette “lour­deur” est encore plus impressionnante.

    Et le chant ! C’est la clé de tout ins­tru­men­tiste pour réel­le­ment com­prendre et vivre la musique dans sa chair. Bra­vo à toi Carole pour toutes ces expé­riences de musi­cienne et ce cou­rage pour sor­tir de ta zone de confort et te mon­trer en public. Peu de gens passe ce cap, même chez les pro­fes­sion­nels. Je suis très admirative.

    En tant que maman ayant éga­le­ment des enfants qui ont arrê­té la musique, je vois qu’il est encore pos­sible de par­ler musique à ses enfants. Etant moi-même pro­fes­seur de pia­no, j’ai tel­le­ment peur de les faire suer avec ma pas­sion, que je pense tom­ber par­fois dans l’excès de manque de par­tage. Je vais donc cor­ri­ger un peu le tir…

    Mer­ci à Ghis­lain d’a­voir rajou­té son expé­rience de papa impro­vi­sa­teur ! C’est une des clés fon­da­men­tales et man­quantes dans la plu­part des cas en école de musique à l’heure actuelle : la créa­ti­vi­té, et donc plus pré­ci­sé­ment l’im­pro­vi­sa­tion. Cela fait par­tie de mes grands com­bats de ces 10 pro­chaines années : pro­mou­voir l’im­pro­vi­sa­tion au pia­no et plus géné­ra­le­ment dans les écoles de musique. Vaste programme !

    A bien­tôt !

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    • Carole Levy

      Il est aus­si inté­res­sant de mêler les genres artistiques.
      Mes ados prennent des cours de théâtre. Je leur ai pro­po­sé de faire de l’im­pro­vi­sa­tion (muette) sur des mor­ceaux que je joue­rais au pia­no … Ils n’é­taient pas trop partants.
      Je n’ai pas insis­té, puis quelques semaines plus tard ils se sont mis au pia­no et ont impro­vi­sé, ma foi des choses que je ne me sens pas (encore) capable de faire. Je me suis alors mise à faire de l’im­pro théâtre. J’ai attra­pé ce nou­veau virus en fai­sant un stage l’é­té der­nier, mais je n’ai pas (encore) le temps de pratiquer.
      Un beau pro­gramme fes­tif et artis­tique parents-ados en pers­pec­tive … Je vous don­ne­rai des nou­velles sur le blog 😉

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  3. ghislain

    Bon­jour

    Bra­vo pour ce bel article avec lequel j’adhère .… je suis moi même vio­lo­niste ama­teur (blog impro​vi​ser​-au​-vio​lon​.fr), et j’ai un peu raté avec ma fille ainée à laquelle je fai­sais tra­vailler son pia­no, par­fois non sans heurt .… elle a arrê­té à 14 ans.

    Avec la 2eme qui a 8 ans, qui apprend la flute tra­ver­sière au conser­va­toire, j’ai chan­gé : avec elle on s’a­muse ensemble à improviser.
    Pour l’ins­tant, elle en rede­mande car elle découvre une approche très dif­fé­rente de celle de son ensei­gne­ment classique.

    Le pro­blème des écoles est en effet qu’on leur demande d’ap­prendre la tech­nique pour pou­voir jouer de la musique .… alors qu’il fau­drait faire l’in­verse : faire de la musique avec eux, et pour y arri­ver, ils apprennent la tech­nique nécessaire.

    Le rôle des parents me semble donc être : don­ner envie en par­ta­geant un uni­vers “musi­cal”.… et abor­der par le plaisir.
    Ain­si ma 2eme fille tra­vaille seule sa flute et vient me deman­der lors­qu’elle n’y arrive pas.

    Exemple de jeu musical :
    j’im­pro­vise et elle doit me décrire l’i­mage que ma musique lui ins­pire .… puis on inverse les rôles ! 

    Ghis­lain

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    • Carole Levy

      Mer­ci Ghis­lain pour ton témoignage.
      Ton sujet de blog m’in­trigue. Il va fal­loir que je me dégage du temps pour sor­tir la colo­phane de sa boite, car mon vio­lon est sus­pen­du au mur de ma chambre, mais il sert plu­tôt de déco depuis quelques années 😉

      Répondre
  4. christine

    Bra­vo ! J’a­dore chan­ter (pour moi !) et je consi­dère que cela devrait être recon­nu d’ ”uti­li­té publique”, voire même rem­bour­sé par la sécu tel­le­ment ça fait du bien au corps, à l’âme ! La musique nous per­met de vibrer et nos cel­lules adorent 🙂
    J’ai bien aimé le paral­lèle entre “talent” et “passion+travail”. Tra­vailler pour sa pas­sion c’est peut-être ça le secret du bien-être…
    Christine

    Répondre
    • Carole Levy

      Bon­soir Christine,
      Si vous ado­rez chan­ter pour vous, chan­ter aus­si pour les autres ! Quand on tra­vaille sur sa pas­sion, on arrive à sur­mon­ter sa fatigue et on ne compte plus les heures …
      A bien­tôt sur Ado­les­cence Positive,
      Carole.

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    • jessie

      En effet, le chant, la musique est une vraie thérapie !

      Répondre
  5. Carole Levy

    A par­tir du moment où mes enfants se pas­sionnent pour une acti­vi­té, qu’elle soit spor­tive, intel­lec­tuelle ou artis­tique, cela me va 😉 .

    Répondre
  6. Myriam

    Au lieu de deve­nir une source de conflit, cette belle approche doit cer­tai­ne­ment contri­buer à déve­lop­per de beaux liens avec les enfants, merci!!

    Répondre

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