Réforme des collèges | Tout ce que vous devez savoir

Auteurs invités :

Carole Bor­don, du blog “J’aime mon avenir”

Crédits photo : Geralt

Cette semaine, j’ai le plai­sir d’ac­cueillir Carole Bor­don, de l’ex­cellent blog J’aime mon ave­nir. À ma demande, elle s’est pen­chée sur la réforme des col­lèges, entrée en vigueur en France à la ren­trée 2016.

Spé­cia­liste de l’o­rien­ta­tion des jeunes, Carole Bor­don vous livre le fruit de son tra­vail de titan, décrit les chan­ge­ments d’emploi du temps, les chan­ge­ments orga­ni­sa­tion­nels et péda­go­giques, les chan­ge­ments de l’é­va­lua­tion et de l’é­preuve du Bre­vet, ain­si que les chan­ge­ments des par­cours éducatifs.

Elle vous donne son avis d’ex­perte à la fin de l’ar­ticle.
Je lui laisse la parole… À toi, Carole 😉


Si vos enfants sont au col­lège cette année, quelle que soit leur classe, ils doivent être impac­tés par la réforme du col­lège.

Je vous pro­pose dans cet article de faire un point sur l’ob­jec­tif et les chan­ge­ments signi­fi­ca­tifs induits par cette réforme, puis de m’at­tar­der plus lon­gue­ment sur ce qui va chan­ger en matière d’o­rien­ta­tion, puisque mon blog aborde cette thématique.

Cet article est long car il concerne une réforme d’en­ver­gure, mais je l’ai construit de façon à ce que vous puis­siez pio­cher dedans les infor­ma­tions qui vous intéressent !

De quelle réforme parle-t-on et quel en est l’objectif ?

Cette réforme du col­lège unique est ins­crite dans la loi d’o­rien­ta­tion et de pro­gram­ma­tion pour la Refon­da­tion de l’é­cole de la Répu­blique du 8 juillet 2013. Elle ne consti­tue que l’un des chan­tiers pré­vus par cette loi, qui concerne le sys­tème édu­ca­tif dans sa globalité.

Plu­sieurs arrê­tés et décrets sont venus depuis lors, pré­ci­ser les moda­li­tés de la mise en œuvre de la réforme du collège.

Il a été sou­le­vé ici ou là des contra­dic­tions entre le texte de loi et les décrets ou arrê­tés visant à sa mise en appli­ca­tion. Je ne m’at­tar­de­rai pas sur ces points, sou­hai­tant m’at­ta­cher à ce qui va réel­le­ment se pas­ser à par­tir de la ren­trée 2016 pour vos enfants.

Cette loi vise à éle­ver le niveau de connais­sances, de com­pé­tences et de culture de tous les enfants, à réduire les inéga­li­tés sociales et ter­ri­to­riales ain­si que le nombre de sor­ties sans qualification.

Elle tente de répondre en cela aux failles de notre sys­tème édu­ca­tif mises en relief régu­liè­re­ment par le Haut Conseil de l’Éducation, qui met inva­ria­ble­ment l’ac­cent sur la repro­duc­tion des inéga­li­tés sociales par l’é­cole ain­si que sur la baisse de niveau glo­bale des élèves dont une par­tie ne maî­trise même plus les savoirs fon­da­men­taux (lire, écrire, compter)…

Elle tente éga­le­ment de s’a­dap­ter, en agis­sant sur plu­sieurs leviers, face aux évo­lu­tions de notre socié­té et du monde éco­no­mique, afin de conti­nuer sa mis­sion d’in­ser­tion des jeunes.

Dans cette ligne, l’ob­jec­tif affi­ché de la réforme du col­lège unique est de viser la plus grande réus­site d’un plus grand nombre d’é­lèves.

Des changements d’emploi du temps

L’horaire hebdomadaire

L’ho­raire heb­do­ma­daire est de 26 heures par semaine pour les quatre niveaux, com­pre­nant ensei­gne­ments com­muns et ensei­gne­ments com­plé­men­taires obli­ga­toires (voir ci-des­sous pour leur définition).

Ces 26 heures consti­tuent un volume horaire moyen qui peut être modu­lé par chaque éta­blis­se­ment sur une année. De ce fait, un col­lé­gien peut avoir 24 heures de cours une semaine et 28 heures une autre semaine, pour­vu que, sur l’année :

  • le volume horaire de 936 heures de cours du à chaque élève soit respecté,
  • le volume horaire glo­bal du à chaque dis­ci­pline sur l’en­semble d’un cycle soit respecté.

Un numé­ro d’é­qui­li­briste qui devrait décou­ra­ger pas mal d’établissements…

La réforme auto­rise le dépas­se­ment de cette moyenne de 26 heures dans les cas sui­vants, pour :

  • incré­men­ter les 10 heures annuelles de “vie de classe” par niveau,
  • les élèves volon­taires sou­hai­tant suivre des ensei­gne­ments com­plé­men­taires (latin, grec appe­lé aus­si LCA Langues et Cultures Anciennes, et langues régionales),
  • les élèves de 6ème sou­hai­tant pour­suivre l’ap­pren­tis­sage d’une deuxième langue com­men­cée à l’é­cole élé­men­taire et que l’on nomme la bi-langue de continuité,
  • les élèves volon­taires sou­hai­tant suivre des ensei­gne­ments facul­ta­tifs pro­po­sés par le col­lège lui-même (cho­rale, théâtre, etc.),
  • les élèves de 6ème du réseau d’é­du­ca­tion prio­ri­taire qui béné­fi­cient d’un accom­pa­gne­ment conti­nu jus­qu’à 16h30.

A noter : cet horaire heb­do­ma­daire moyen de 26 heures ne concerne pas les élèves de SEGPA et de prépa-pro.

L’horaire journalier

L’ho­raire jour­na­lier ne peut excé­der 6 heures en 6ème, et 7 heures en 5ème, 4ème, 3ème. La pause méri­dienne est d’1h30 minimum.

Ce qui change pour le cycle 3 (classe de 6ème)

  • L’in­tro­duc­tion des SPC (Sciences Phy­siques et Chi­mie) dès la 6ème (avant, c’é­tait en 5ème).
    SVT (Sciences et Vie de la Terre), SPC et Tech­no­lo­gie se par­tagent 4 heures par semaine, ce par­tage étant lais­sé à l’ap­pré­cia­tion des équipes. Jus­qu’i­ci, les élèves béné­fi­ciaient d’1h30 de SVT et d’1h30 de Technologie.
  • Le bas­cu­le­ment entre les niveaux. En Mathé­ma­tiques, les élèves auront une demi-heure de plus en 6ème et une demi-heure de moins en 3ème par rap­port à aujourd’­hui. En fran­çais, les élèves auront une demi-heure de moins en 6ème et en 3ème mais une demi-heure de plus en 5ème et 4ème.
  • Les 3 heures consa­crées à l’ac­com­pa­gne­ment per­son­na­li­sé (incluses dans les 26 heures) contre 2 heures aupa­ra­vant qui venaient s’a­jou­ter à un emploi du temps de 25 heures, ce qui fai­sait 27 heures au total.

Ce qui change pour le cycle 4 (classes de 5ème, 4ème, 3ème)

L’in­tro­duc­tion d’une seconde langue vivante (LV2) dès la 5ème et non plus à par­tir de la 4ème, à rai­son de 2h30 par semaine.

Une demi-heure en moins par semaine de tech­no­lo­gie et de SPC en classe de 3ème.

L’in­tro­duc­tion de l’Ac­com­pa­gne­ment Per­son­na­li­sé (AP) et des Ensei­gne­ments Pra­tiques Inter­dis­ci­pli­naires (EPI), à rai­son de 4 heures par semaine contre 2 heures aupa­ra­vant d’IDD (Iti­né­raire De Décou­verte), qui venaient s’a­jou­ter à l’emploi du temps des niveaux 5ème et 4ème (ce qui leur fai­sait res­pec­ti­ve­ment 25 heures et 28 heures par semaine). Quant aux 3ème, ils avaient un plan­ning de 28h30 sans heures dédiées à l’ac­com­pa­gne­ment per­son­na­li­sé ni à l’I­ti­né­raire De Décou­verte (IDD).

Pourquoi ces changements d’emploi du temps ?

La ten­dance est clai­re­ment à l’al­lé­ge­ment glo­bal des emplois du temps. J’y vois deux raisons :

  • s’a­li­gner sur les pays de l’OCDE en terme de rythmes sco­laires, la France pos­sé­dant la jour­née sco­laire la plus chargée,
  • comp­ter sur l’in­no­va­tion péda­go­gique plu­tôt que sur la quan­ti­té d’heures de cours pour faire réus­sir tous les élèves.

Comme le disait Albert Ein­stein ” La folie, c’est de faire tou­jours la même chose et de s’at­tendre à un résul­tat différent” … 🙂

Des changements organisationnels avec les cycles

Le décret du 24 juillet 2013 a ins­tau­ré la mise en place de quatre cycles d’en­sei­gne­ment d’une durée égale de trois ans, de l’é­cole pri­maire à la fin du collège :

  • Cycle 1 : cycle des appren­tis­sages pre­miers, qui cor­res­pond aux trois années d’é­cole mater­nelle, entré en vigueur le 1er sep­tembre 2014.
  • Cycle 2 : cycle des appren­tis­sages fon­da­men­taux, qui cor­res­pond aux classes de CP, CE1 et CE2.
  • Cycle 3 : cycle de conso­li­da­tion, qui cor­res­pond aux classes de CM1, CM2 et 6ème.
  • Cycle 4 : cycle des appro­fon­dis­se­ments, qui cor­res­pond aux classes de 5ème, 4ème, 3ème.

Les cycles 2, 3 et 4 sont entrés en vigueur à comp­ter du 1er sep­tembre 2016.

Les pro­grammes sont donc désor­mais cycliques et non plus annuels (voir ci-des­sous pour leurs objec­tifs, conte­nus et évaluation).

L’a­van­tage est que les acqui­si­tions devant se faire sur un cycle, les élèves et les ensei­gnants sont moins stres­sés par l’im­pé­ra­tif du sata­né pro­gramme à bou­cler chaque année ! Une cer­taine flexi­bi­li­té est intro­duite, qui me semble bénéfique.

A noter : l’in­tro­duc­tion de la 6ème dans le cycle 3 a pour but d’as­su­rer une conti­nui­té des appren­tis­sages et de favo­ri­ser une bonne tran­si­tion des élèves entre l’é­cole élé­men­taire et le col­lège, mais cela néces­site des temps de concer­ta­tion accrus entre l’é­cole et le collège.

Des changements didactiques et pédagogiques

Les changements majeurs de la réforme des collèges

  • Arri­vée d’une seconde langue vivante dès la 5ème et non plus à par­tir de la 4ème.
  • Dimi­nu­tion du volume horaire consa­cré aux ensei­gne­ments de com­plé­ment, aupa­ra­vant appe­lées “options (latin, grec et langues régio­nales, 2 heures contre 3 heures auparavant).
  • Intro­duc­tion des AP (Accom­pa­gne­ments Per­son­na­li­sés) et EPI (Ensei­gne­ments Pra­tiques Inter­dis­ci­pli­naires) dans les ensei­gne­ments obligatoires.
  • Dis­pa­ri­tion de la “classe euro .
  • Dis­pa­ri­tion de la classe de décou­verte pro­fes­sion­nelle de 3ème, rem­pla­cée par le Par­cours Ave­nir qui intro­duit la décou­verte pro­fes­sion­nelle dès la 6ème.
  • Main­tien pos­sible selon les col­lèges de la classe bi-langues pour les enfants ayant pra­ti­qué une seconde langue à l’é­cole élémentaire.
  • Aug­men­ta­tion du volume horaire de la seconde Langue Vivante.

Les changements didactiques

Le conte­nu des pro­grammes est modi­fié dans toutes les matières et pour tous les niveaux à par­tir de la ren­trée 2016.

Les ensei­gne­ments du col­lège doivent per­mettre à chaque élève d’ac­qué­rir le socle com­mun de connais­sances, de com­pé­tences et de culture.

Ils sont éta­lés sur les niveaux d’un cycle et concernent cinq grands domaines :

  • Les lan­gages pour pen­ser et com­mu­ni­quer, au pre­mier rang des­quels la langue fran­çaise évi­dem­ment, com­plé­tés par les langues étran­gères et régio­nales, lan­gages mathé­ma­tiques, scien­ti­fiques, infor­ma­tiques, artis­tiques, cor­po­rels, etc.
  • Les méthodes et outils pour apprendre.
  • La for­ma­tion de la per­sonne et du citoyen.
  • Les sys­tèmes natu­rels et les sys­tèmes tech­niques.
  • Les repré­sen­ta­tions du monde et l’ac­ti­vi­té humaine, qui concernent la com­pré­hen­sion des socié­tés dans le temps his­to­rique et dans l’es­pace géographique.

Comme je le sou­li­gnais pré­cé­dem­ment, les élèves ne doivent donc plus acqué­rir des com­pé­tences sur une année, mais sur la durée d’un cycle. Cela se veut une réponse à la diver­si­té des rythmes d’ap­pren­tis­sage des élèves.

Les pro­grammes fixent pour chaque cycle :

  • les prin­ci­paux enjeux et objec­tifs de formation,
  • les contri­bu­tions des dis­ci­plines à l’ac­qui­si­tion des cinq domaines du socle commun,
  • les atten­dus de fin de cycle (les connais­sances et com­pé­tences devant être acquises),
  • des pistes de méthode pour les enseignants,
  • des repères de progressivité.

Les éta­blis­se­ments béné­fi­cient donc d’une auto­no­mie de déci­sion sur la façon dont ils vont lis­ser ces pro­grammes sur un cycle.

La prio­ri­té est don­née aux savoirs fon­da­men­taux (fran­çais et mathé­ma­tiques), grâce à l’ap­port de toutes les dis­ci­plines d’en­sei­gne­ment. L’en­cou­ra­ge­ment à l’in­ter­dis­ci­pli­na­ri­té (notam­ment au tra­vers des EPI), vise à ren­for­cer le sens des apprentissages.

Les nou­veaux pro­grammes intè­gre­raient mieux la dimen­sion numé­rique, et allé­ge­raient cer­taines matières, comme l’His­toire, dont les pro­fes­seurs se plai­gnaient de la lour­deur des pro­grammes et des quo­tas d’heures fixés par chapitre.

A noter : là où aupa­ra­vant, on chan­geait les pro­grammes année par année pour per­mettre une cohé­rence des ensei­gne­ments don­nés à une géné­ra­tion de col­lé­giens, on change les pro­grammes pour tous les niveaux et toutes les dis­ci­plines. Aus­si, il se peut que les 4ème et 3ème soient ame­nés à revoir des choses déjà vues ou qu’ils loupent cer­tains enseignements…

Cela peut poser pro­blème éga­le­ment en cas de démé­na­ge­ment et de chan­ge­ment d’é­ta­blis­se­ment. Toutes choses qui devraient pou­voir se régler dans le cadre de l’Ac­com­pa­gne­ment Per­son­na­li­sé (voir ci-dessous).

Cer­tains ensei­gnants se plaignent d’une absence de repères annuels, tan­dis que les éta­blis­se­ments réclament plus d’au­to­no­mie… Là où, à mon sens, cela peut poser pro­blème, c’est si la concer­ta­tion est insuf­fi­sante faute de temps ! Les ensei­gnants béné­fi­cient en outre sur le site ” Edus­col” de res­sources d’ac­com­pa­gne­ment des nou­veaux pro­grammes. Enfin, ils sont théo­ri­que­ment for­més depuis 2015 dans le cadre de la for­ma­tion continue.

D’autres plaintes concernent la baisse des horaires consa­crées aux langues. Mais c’est sans comp­ter le fait que la Langue Vivante 2 démarre une année plus tôt et que deux EPI concernent les langues ! Cela pour répondre au piètre niveau des élèves fran­çais en langues. Excep­té que, si l’on fait plus que ce que l’on fait déjà mais sans faire mieux, c’est un coup d’é­pée dans l’eau ! Les pra­tiques péda­go­giques sont à revoir et le niveau d’un pays en matière de langue étran­gère ne tient pas seule­ment à ce qui se passe dans le cadre de l’é­cole. Les jeunes scan­di­naves sont immer­gés dans la langue anglaise dès leur plus jeune âge à tra­vers les pro­grammes TV par exemple…

Les changements pédagogiques de la réforme des collèges

La démarche de projet avec les EPI (Enseignements Pratiques Interdisciplinaires)

Les EPI, qui ne concernent que le cycle 4, ” per­mettent de construire et d’ap­pro­fon­dir des connais­sances et des com­pé­tences par une démarche de pro­jet condui­sant à une réa­li­sa­tion concrète, indi­vi­duelle ou col­lec­tive” (article 3 II de l’ar­rê­té du 19 mai 2015).

Huit thé­ma­tiques d’E­PI sont pro­po­sées, et les élèves doivent béné­fi­cier d’au moins six thé­ma­tiques au cours du cycle. Les thé­ma­tiques sont les suivantes :

  • Corps, san­té, bien-être et sécurité.
  • Culture et créa­tions artistiques.
  • Tran­si­tion éco­lo­gique et déve­lop­pe­ment durable.
  • Infor­ma­tion, com­mu­ni­ca­tion, citoyenneté.
  • Langues et cultures de l’Antiquité.
  • Langues et cultures étran­gères ou, le cas échéant, régionales.
  • Monde éco­no­mique et professionnel.
  • Sciences, tech­no­lo­gie et société.

Ces ensei­gne­ments sont dits com­plé­men­taires, ils sont obli­ga­toires et per­mettent la mise en œuvre des pro­grammes dis­ci­pli­naires. Chaque éta­blis­se­ment devra déci­der par niveaux quels thèmes seront tra­vaillés, quelles dis­ci­plines seront impli­quées, etc.

Par exemple, l’E­PI ” Sciences, tech­no­lo­gie et socié­té” pour­ra en 5ème, croi­ser les cours de Tech­no­lo­gie, Mathé­ma­tiques et Sciences Phy­sique-Chi­mie, au tra­vers de la pro­duc­tion d’un prototype.

Les moda­li­tés d’in­ter­ven­tion :

L’in­ter­ven­tion conjointe de plu­sieurs ensei­gnants sur un même cours étant dif­fi­cile à mettre en œuvre (même si pas com­plè­te­ment impos­sible), leur inter­ven­tion devrait être plu­tôt consé­cu­tive dans une même heure de cours ou sur plu­sieurs semaines.

L’Accompagnement Personnalisé (AP)

Il est éga­le­ment obli­ga­toire, et mis en place pour s’as­su­rer que chaque élève puisse s’ap­pro­prier les méthodes de tra­vail, et per­mettre l’ap­pro­fon­dis­se­ment ou le ren­for­ce­ment des compétences.

Ils se fera en groupe (classe ou plus petits groupes) avec les ensei­gnants de toutes les dis­ci­plines, selon le choix de chaque établissement.

Changement de l’évaluation

On s’o­riente vers une sup­pres­sion pro­gres­sive des notes et le déve­lop­pe­ment en paral­lèle d’une éva­lua­tion par compétences.

Chaque éta­blis­se­ment, au tra­vers d’un conseil de cycle, fixe­ra les moda­li­tés d’é­va­lua­tion des com­pé­tences en continu.

Un livret scolaire unique suivra l’élève du CP à la 3ème

Sur ce livret, il y aura :

  • Un bul­le­tin pério­dique pré­ci­sant les thèmes trai­tés par les élèves dans chaque dis­ci­pline, EPI et AP, ain­si que ses notes, si le col­lège décide de conser­ver celles-ci, mais il n’y aura plus de moyenne géné­rale. Seuls les EPI ne devront pas faire l’ob­jet d’une note mais d’une éva­lua­tion par com­pé­tences obligatoire.
  • Un bilan en fin de cycle sur l’ac­qui­si­tion des compétences.

Une case est pré­vue pour l’é­va­lua­tion des trois par­cours sco­laires dans le bul­le­tin (voir ci-dessous).

L’évaluation par compétences

De nos jours, dans le monde pro­fes­sion­nel, on nous demande d’a­voir des connais­sances mais aus­si et sur­tout, des com­pé­tences. Les fiches de poste des Res­sources Humaines listent les com­pé­tences à avoir pour occu­per tel ou tel poste. Les com­pé­tences sont donc au cœur de la démarche Res­sources Humaines même si aujourd’­hui, la ten­dance est aus­si à l’i­den­ti­fi­ca­tion des talents par­ti­cu­liers de cha­cun. La fron­tière entre ces deux notions est par­fois mince.

Dans tous les cas, par l’ap­pren­tis­sage, l’ex­pé­rience, nous acquer­rons des com­pé­tences. A l’é­cole pri­maire aujourd’­hui, les élèves sont déjà éva­lués sur ce mode.

Je pense que ce mode d’é­va­lua­tion est plus par­lant pour un col­lé­gien qu’une note. Il lui per­met de se situer de façon bien plus simple, et l’ha­bi­tue à rai­son­ner en termes de com­pé­tences, une notion qu’il retrou­ve­ra pro­ba­ble­ment dans le monde professionnel.

Les col­lèges ont encore la pos­si­bi­li­té de noter les élèves, mais le Minis­tère pré­co­nise de varier les modes d’é­va­lua­tion. Seuls les bilans de fin de cycle seront conser­vés par l’É­du­ca­tion Natio­nale, les bul­le­tins pério­diques n’é­tant pas conser­vés au-delà de l’an­née en cours.

Le Brevet version 2017 dans la réforme des collèges

L’é­lève devra tota­li­ser 350 points sur 700 pour être reçu.

Sur ces 700 points, 400 points concernent la maî­trise des com­pé­tences du socle com­mun, éva­luée en contrôle conti­nu. Autre­ment dit, là où aupa­ra­vant les notes attri­buées par les ensei­gnants pour chaque dis­ci­pline (hor­mis l’his­toire-géo­gra­phie) tout au long de l’an­née per­met­taient aux élèves de gagner des points pour le Bre­vet, désor­mais, c’est l’é­va­lua­tion du niveau de mai­trise des com­pé­tences du socle com­mun qui leur per­met­tra d’ac­cu­mu­ler des points.

L’é­lève obtien­dra pour chaque domaine, sans aucune modu­la­tion possible :

  • 10 points (maî­trise insuffisante),
  • 25 points (maî­trise fragile),
  • 40 points (maî­trise satisfaisante),
  • 50 points (très bonne maîtrise).

Les élèves ayant sui­vi un ensei­gne­ment de com­plé­ment (latin/grec) obtien­dront 10 points si les objec­tifs du cycle sont atteints, 20 points s’ils sont dépassés.

Les 300 points res­tants pour­ront être acquis lors du contrôle final qui com­pren­dra deux épreuves écrites et une épreuve orale.

La pre­mière épreuve écrite, d’une durée de 3 heures, por­te­ra sur les mathé­ma­tiques, la Phy­sique-Chi­mie, les Sciences de la Vie et de la Terre, et la Technologie.

La seconde épreuve écrite, d’une durée de 5 heures, por­te­ra sur le fran­çais, l’his­toire-géo­gra­phie, l’en­sei­gne­ment moral et civique.

Enfin, l’é­preuve orale por­te­ra sur la sou­te­nance d’un pro­jet construit dans le cadre des EPI ou de l’un des par­cours édu­ca­tifs sui­vis. Elle est d’une durée de quinze minutes. C’est l’é­lève qui choi­sit le thème de sa soutenance.

L’é­preuve obli­ga­toire d’his­toire des arts disparaît.

Obte­nir un niveau A2 (niveau élé­men­taire) recon­nu au niveau euro­péen en langue vivante n’est plus une condi­tion néces­saire pour obte­nir le bre­vet. Les atten­dus en fin de cycle 4 sont un niveau B1 (pré-inter­mé­diaire) en Langue Vivante 1 et un niveau A2 en Langue Vivante 2.

Changement des parcours éducatifs

Il y a trois par­cours éducatifs :

  • Par­cours d’é­du­ca­tion artis­tique et culturelle.
  • Par­cours avenir.
  • Par­cours citoyen.

Le but de ces par­cours est, à l’in­té­rieur même des ensei­gne­ments dis­ci­pli­naires obli­ga­toires, de co-construire des conte­nus inter­dis­ci­pli­naires (exer­cices, leçons, pro­jets, etc.) et de favo­ri­ser l’ou­ver­ture sur l’ex­té­rieur (inter­ven­tions, sor­ties, etc.). Aucune heure sup­plé­men­taire n’est donc dédiée à la mise en place de ces parcours.

Les deux pre­miers concourent à la vali­da­tion du socle com­mun de com­pé­tences et ont été mis en place depuis la ren­trée 2015. Le der­nier ayant été ins­ti­tué après les atten­tats de jan­vier 2015, aucun texte régle­men­taire n’en pré­cise l’or­ga­ni­sa­tion pour le moment.

Focus sur le Parcours Avenir et l’Orientation au collège

J’ai déjà expli­qué dans un pré­cé­dent article inti­tu­lé “L’o­rien­ta­tion en 3ème : com­ment ça marche”, le fonc­tion­ne­ment de l’o­rien­ta­tion (calen­drier, pro­cé­dures d’af­fec­ta­tion, voies d’o­rien­ta­tion, etc.). Rien n’a chan­gé jusque-là, mis à part peut-être la pro­cé­dure d’af­fec­ta­tion, je revien­drai sur ce point. J’y évo­quais le Par­cours Ave­nir mais sans le décryp­ter. Aus­si, je vous pro­pose aujourd’­hui de vous l’ex­pli­quer et de vous en don­ner ma lecture.

Le prin­ci­pal chan­ge­ment de cette réforme est d’in­tro­duire dès la 6ème, et ce jus­qu’en Ter­mi­nale, la décou­verte du monde éco­no­mique et pro­fes­sion­nel, et de per­mettre la construc­tion pro­gres­sive de leur orien­ta­tion par les élèves, quelle que soit leur for­ma­tion. Chaque élève doit déve­lop­per une com­pé­tence à s’o­rien­ter.

Voi­ci les trois objec­tifs visés par le Par­cours Avenir :

  • com­prendre le monde éco­no­mique et pro­fes­sion­nel ain­si que la diver­si­té des métiers et des formations,
  • déve­lop­per son sens de l’en­ga­ge­ment et de l’initiative,
  • éla­bo­rer son pro­jet d’o­rien­ta­tion sco­laire et pro­fes­sion­nelle.

Comme tous les par­cours, sa mise en œuvre doit se faire dans le cadre des ensei­gne­ments obli­ga­toires (ensei­gne­ments com­muns mais aus­si com­plé­men­taires avec notam­ment les EPI).

D’ailleurs, il y a bien un EPI inti­tu­lé ” Monde éco­no­mique et pro­fes­sion­nel ” . Il se fait au tra­vers de conte­nus construits en concer­ta­tion avec, non seule­ment les ensei­gnants de plu­sieurs matières (inter­dis­ci­pli­na­ri­té), mais aus­si tous les per­son­nels de l’é­ta­blis­se­ment (Conseiller Prin­ci­pal d’É­du­ca­tion, Direc­tion, Conseiller d’O­rien­ta­tion Psy­cho­logue). L’o­rien­ta­tion est un objet de tra­vail com­mun, elle est l’af­faire de tous.

Avec cette notion de par­cours, vient la néces­si­té du tra­çage. C’est ce que devrait per­mettre l’ap­pli­ca­tion FOLIOS, sur laquelle peut être enre­gis­tré tout ce qui a été fait par l’é­lève dans le cadre du parcours.

Mon avis sur la réforme des collèges

La notion de parcours et la progressivité

Aupa­ra­vant, il fal­lait attendre la 3ème pour pou­voir suivre une option de décou­verte pro­fes­sion­nelle de 3 heures par semaine, et béné­fi­cier d’un stage d’ob­ser­va­tion d’une semaine. Trop tar­dif à mon sens.

Dans ce par­cours, on com­mence en 6ème, c’est déjà mieux, même si je pense que, dès le pri­maire, on pour­rait per­mettre aux enfants d’ex­plo­rer des acti­vi­tés pro­fes­sion­nelles, notam­ment manuelles, aux côtés d’ar­ti­sans locaux.

Parce que ces métiers sont visuels et peuvent être appré­hen­dés par les élèves via l’ex­pé­ri­men­ta­tion (par exemple, je regarde l’é­bé­niste et ensuite je tra­vaille le bois). Parce qu’il n’y a aucune rai­son objec­tive pour que l’é­cole ne per­mette pas l’ex­plo­ra­tion de la socié­té dans son ensemble et que l’on sépare arti­fi­ciel­le­ment l’é­cole de son environnement.

La notion de par­cours intro­duit la notion de pro­gres­sion, et j’es­time que cela va dans le bon sens. On construit pro­gres­si­ve­ment son pro­jet d’o­rien­ta­tion, c’est un pro­ces­sus qui demande du temps, des explo­ra­tions, des appren­tis­sages, de la maturation.

L’intégration du parcours au sein des disciplines

Que ce par­cours prenne place au sein même de chaque dis­ci­pline me semble tout à fait natu­rel. Pour­quoi ?
Parce que cela donne du sens aux appren­tis­sages. Les élèves peuvent plus faci­le­ment faire du lien, entre ce qu’ils apprennent et la vie réelle !

Par exemple, il est à mon sens logique d’a­bor­der les sciences par les nom­breuses acti­vi­tés humaines qui en découlent, ou dans le cadre d’un tra­vail inter­dis­ci­pli­naire, afin de mon­trer aux élèves les connexions concrètes entre dis­ci­plines et acti­vi­tés professionnelles.

Un EPI peut per­mettre aus­si l’in­ter­ro­ga­tion salu­taire sur le sens du tra­vail ou des acti­vi­tés pro­fes­sion­nelles, au tra­vers des époques, des pays, et ain­si faire coïn­ci­der phi­lo­so­phie (même si cette matière n’est pas au pro­gramme en tant que telle), his­toire, géo­gra­phie, etc.

La pédagogie de projet dans la réforme des collèges

Au-delà du Par­cours Ave­nir, les EPI induisent la notion de pro­jet, et c’est à mon sens posi­tif que les élèves tra­vaillent sur ce mode là, que nous connais­sons tous dans nos acti­vi­tés pro­fes­sion­nelles et per­son­nelles. Cela peut leur per­mettre de déve­lop­per des com­pé­tences trans­verses comme le tra­vail en équipe, la com­mu­ni­ca­tion, la pla­ni­fi­ca­tion, l’or­ga­ni­sa­tion, l’a­dap­ta­tion, la diplo­ma­tie, etc. Encore faut-il qu’ils soient moti­vés et enthou­siastes pour s’ap­pro­prier le pro­jet et le réaliser !

Le renforcement de la relation école/entreprise

Ce n’est pas une nou­veau­té du Par­cours Ave­nir, mais disons que l’ap­pel à ren­for­cer cette rela­tion est clair. Les aca­dé­mies doivent s’emparer de la ques­tion, afin de mettre à dis­po­si­tion des éta­blis­se­ments des outils per­met­tant de faci­li­ter cette relation.

Les éta­blis­se­ments, depuis long­temps, font venir des pro­fes­sion­nels en classe, orga­nisent des forums en leur sein, emmènent les enfants à des Salons, des visites d’en­tre­prise, etc.

En effet, qui mieux qu’un pro­fes­sion­nel pour par­ler de son métier, de son sec­teur d’ac­ti­vi­té et sur­tout pour le montrer ?

C’est posi­tif si la péda­go­gie est adap­tée. Ce qui compte par des­sus tout, c’est la péda­go­gie. Si les métiers font l’ob­jet d’ex­po­sés fas­ti­dieux par des pro­fes­sion­nels fati­gués, du type cours magis­tral… Au secours ! Les inter­ven­tions doivent être pré­pa­rées en amont avec les pro­fes­sion­nels, afin que celles-ci per­mettent aux élèves de décou­vrir le véri­table sens d’une acti­vi­té pro­fes­sion­nelle, auprès de pro­fes­sion­nels aimant ce qu’ils font. Ces der­niers trans­met­tront leur pas­sion plus que leur métier …

Les élèves doivent pou­voir expé­ri­men­ter au maxi­mum, voir, tou­cher et mobi­li­ser tous leurs sens dans cette décou­verte. C’est pour­quoi il est pré­fé­rable de sor­tir, d’al­ler sur place, de voir des démons­tra­tions, de s’es­sayer. Un vrai chal­lenge pour l’é­cole qui, aujourd’­hui, sur­tout avec les consignes de sécu­ri­té liées aux plans Vigi­pi­rate, est très fer­mée sur elle-même.

Une péda­go­gie active est néces­saire, c’est pour­quoi des ini­tia­tives comme les micro-entre­prises, les concours de jeunes inven­teurs, les repor­tages (etc.) sont à mon avis de bien meilleures façons d’ap­pré­hen­der le monde pro­fes­sion­nel qu’en étant assis à écou­ter par­ler un pro­fes­sion­nel. Elles per­mettent en outre de répondre à l’ob­jec­tif 2 du Par­cours Ave­nir, qui est de sus­ci­ter l’en­ga­ge­ment et l’initiative.

L’a­ve­nir est à ceux qui sau­ront s’a­dap­ter, inno­ver, entre­prendre, même au sein d’une entre­prise. Parce que nous ne connais­sons pas le monde éco­no­mique et pro­fes­sion­nel de demain. Il y aura pro­ba­ble­ment de nou­veaux défis à rele­ver, de nou­velles acti­vi­tés pro­fes­sion­nelles à ima­gi­ner et l’es­prit entre­pre­neu­rial sera plus que jamais néces­saire. C’est ce qu’il faut encou­ra­ger, et pour cela, il faut que notre sys­tème édu­ca­tif, dans ses pra­tiques péda­go­giques, laisse infi­ni­ment plus de place à la liber­té, à la créa­ti­vi­té et à l’invention.

Le stage de 3ème générale

Un stage d’une semaine d’ob­ser­va­tion en 3ème géné­rale ne me paraît pas suf­fi­sant… Les élèves peuvent certes, sur demande, faire un ou deux stages sup­plé­men­taires mais c’est au bon vou­loir du prin­ci­pal du col­lège, et l’é­lève doit évi­dem­ment rat­tra­per tous les cours de la semaine. L’an­née du bre­vet, la Direc­tion et même les parents hésitent…

Et si un jeune veut, via un stage, vali­der ou infir­mer plu­sieurs idées de métier ? Com­ment fait-il ?
Pour­tant, rien de mieux qu’une immer­sion pour se faire une idée, dans la mesure bien-sûr où cette immer­sion est de qualité.

La dif­fi­cul­té la plus sou­vent ren­con­trée par les éta­blis­se­ments est le manque de réseau des élèves pour trou­ver des stages, et les ter­rains de stage pauvres qui ne leur apportent pas grand-chose.

En s’y pre­nant tôt, on peut per­mettre aux élèves de faire de meilleurs stages, dans des domaines d’ac­ti­vi­té choi­sis et avec une co-construc­tion péda­go­gique entre l’é­ta­blis­se­ment et le pro­fes­sion­nel qui accueille l’élève.

Il arrive que bien sou­vent, la recherche de stage démarre quatre ou six semaines avant. C’est beau­coup trop tar­dif, sauf pour les élèves qui, de par leur milieu fami­lial, dis­pose d’un réseau et sont à l’aise dans leur communication.

L’entretien personnalisé

En classe de 3ème, l’en­tre­tien per­son­na­li­sé d’o­rien­ta­tion per­met de fixer les étapes, les pro­grès néces­saires et les démarches utiles pour pré­pa­rer la déci­sion d’o­rien­ta­tion et d’af­fec­ta­tion. L’o­rien­ta­tion, notam­ment en fin de troi­sième, devra être amé­lio­rée pour n’être plus vécue comme une orien­ta­tion subie, mais comme un choix réflé­chi et assu­mé. ” (Source : Eduscol)

Un choix réflé­chi et assu­mé, oui, c’est l’i­déal. Si dans l’ob­jec­tif 3, il est ques­tion de construire pro­gres­si­ve­ment son pro­jet d’o­rien­ta­tion sco­laire et pro­fes­sion­nelle, il ne suf­fit pas d’ex­plo­rer le monde pro­fes­sion­nel pour savoir ce que l’on veut faire. Il faut éga­le­ment apprendre l’in­tros­pec­tion, apprendre à faire des choix, déve­lop­per ses facul­tés d’a­dap­ta­tion, et j’en passe. Ces appren­tis­sages peuvent théo­ri­que­ment se faire au sein du col­lège, ces com­pé­tences trans­verses ayant bien été iden­ti­fiées par les concep­teurs des nou­veaux pro­grammes comme des com­pé­tences clés de la capa­ci­té à s’orienter.

Mais rien ne rem­pla­ce­ra la gui­dance des parents. Édu­quer au choix, à l’au­to­no­mie, à l’in­tros­pec­tion, encou­ra­ger les explo­ra­tions, don­ner confiance, sus­ci­ter la créa­ti­vi­té, la flexi­bi­li­té (etc.) relèvent de la mis­sion paren­tale. Je milite sur mon blog pour que les parents s’emparent de la ques­tion de l’o­rien­ta­tion, sans attendre tout du col­lège ! Parce que tout dépen­dra du col­lège, de la façon qu’il aura de s’emparer de la ques­tion de l’o­rien­ta­tion, de son inven­ti­vi­té, de ses moyens et de l’im­pli­ca­tion du corps éducatif.

Les procédures d’orientation et d’affectation

Les objec­tifs de réduc­tion des inéga­li­tés et d’o­rien­ta­tion choi­sie ne peuvent être atteints en conser­vant les pro­cé­dures d’o­rien­ta­tion et d’af­fec­ta­tion de fin de 3ème qui se font via le logi­ciel AFFELNET.

Parce que les cri­tères d’af­fec­ta­tion sont modu­lés par les aca­dé­mies. Il y a donc for­cé­ment des dif­fé­rences entre aca­dé­mies et ces cri­tères sont mécon­nus. Parce que les élèves au final sont bien ” orien­tés” via cette pro­cé­dure, en fonc­tion de cri­tères qui leur échappent, et qui n’ont rien à voir avec eux-mêmes et leurs sou­haits. Des cri­tères qui tiennent à l’or­ga­ni­sa­tion du sys­tème, car il faut contrô­ler les flux d’é­lèves, en fonc­tion de l’offre de for­ma­tion exis­tante sur le ter­ri­toire, et les répar­tir de sorte que le sys­tème fonctionne.

La conser­va­tion de ces pro­cé­dures est donc anti­no­mique avec le concept de réus­site pour tous puis­qu’on sélectionne.

La liber­té devrait être lais­sée aux parents et aux élèves, d’al­ler dans le lycée de leur choix, mais cela sup­po­se­rait d’a­voir une carte sco­laire souple et adaptable.

De plus, avec la réforme, une zone d’ombre per­siste quant à la pro­cé­dure d’af­fec­ta­tion AFFELNET, qui tient compte notam­ment des notes pour affec­ter les élèves dans tel ou tel lycée. AFFELENET a‑t-il été revu pour tenir compte à la fois des notes, et à la fois des éva­lua­tions en “mode com­pé­tence” ?

Conclusion sur la réforme des collèges

Comme toute réforme struc­tu­relle, la réforme des col­lèges se met­tra en place pro­gres­si­ve­ment. Il faut s’at­tendre à des ratés, des retards, des équi­libres pré­caires, c’est nor­mal. Le temps que les équipes se l’ap­pro­prient vrai­ment concrè­te­ment. Les résis­tances internes, les moyens propres à chaque éta­blis­se­ment, peuvent d’au­tant en retar­der la mise en œuvre, mal­heu­reu­se­ment ou heu­reu­se­ment, selon le point de vue que l’on en a.

Je pense que cette réforme va dans le bon sens, sur cer­tains points. Mais arri­ve­ra t‑elle à com­bler les inéga­li­tés sociales, j’en doute fort. Parce qu’il ne suf­fit pas de chan­ger les pro­grammes et d’in­tro­duire à petites doses des pra­tiques péda­go­giques plus actives.

La loi parle de Refon­da­tion de l’é­cole de la Répu­blique, le mot est fort. Effec­ti­ve­ment, c’est une néces­si­té, car l’é­cole, de par son fonc­tion­ne­ment, est com­plè­te­ment obso­lète. Elle ne tient notam­ment pas compte, et ce dès la mater­nelle, de ce que nous apprennent les neu­ros­ciences sur le fonc­tion­ne­ment du cer­veau en matière d’ap­pren­tis­sage. Elle ne tient que peu compte de ce que l’on sait main­te­nant des pré­dis­po­si­tions natu­relles des enfants.

Nous en sommes encore, pour l’es­sen­tiel, à l’é­cole de Jules Fer­ry, alors que la socié­té a chan­gé. L’é­cole est res­tée figée, hié­rar­chique, normalisante.

Alors oui, nous avons bel et bien besoin de repen­ser notre sys­tème édu­ca­tif de fond en comble et bien besoin d’une refon­da­tion. Elle me semble tou­te­fois trop timide. Mais Paris ne s’est pas construit en un jour, l’es­poir est encore permis !

La Fin­lande a com­men­cé à repen­ser son sys­tème édu­ca­tif dans les années soixante-dix, et il lui aura fal­lu une ving­taine d’an­nées avant que cela ne se tra­duise dans les faits !

Si vous avez aimé cet article, par­ta­gez-le, et à très vite sur mon blog J’aime Mon Ave­nir si vous sou­hai­tez aider vos enfants à trou­ver leur voie ! 😉

Bienvenue sur Adolescence Positive !

Photo de Carole Levy

Vous êtes parent, édu­ca­teur ou ani­ma­teur. Vous vous inté­res­sez par­ti­cu­liè­re­ment à la période de l’a­do­les­cence… Vous êtes au bon endroit !

Je m’ap­pelle Carole Levy et je par­tage avec vous mes appren­tis­sages, mes expé­riences et mes connais­sances.

Pour savoir pour­quoi et com­ment, je vous l’ex­plique dans “A pro­pos.”

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2 Commentaires 

  1. Stephanie

    Ouch , en effet quel article et quel tra­vail de titan. Tu nous as tout bien décor­ti­qué. Si après ça on n est pas au clair avec cette nou­velle réforme, c’est vrai­ment qu’on y met pas du sien.
    Mais bon, les réformes se suivent et le niveau baisse de plus en​.plus alors..

    Répondre
  2. DLC

    En effet, excellent aper­çu sur cette reforme assez contre­ver­sée. On s’a­per­çoit que pour l’ap­pré­hen­der, il faut prendre le temps de décou­vrir le conte­nu et cet article en fait une bonne synthèse.

    Répondre

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