Confinement et continuité pédagogique : la guerre ou la paix ?

Confinement et continuité pédagogique

Crédits photo : Ste­pha­nie Ghesquier

En ces temps trou­blés de confi­ne­ment, on voit fleu­rir sur les réseaux sociaux toutes sortes d’injonctions à la conti­nui­té péda­go­gique. Ain­si, de nom­breux moyens d’appren­tis­sage sont mis à dis­po­si­tion gra­tui­te­ment par des pla­te­formes habi­tuel­le­ment payantes, pour aider nos chers enfants dans leur sco­la­ri­té. Tout le monde est sur le pied de guerre.

Au début, je fai­sais suivre ces infor­ma­tions sur ma page Face­book, mais là fran­che­ment, je n’en ai plus envie… Il y en a trop, vous ne trou­vez pas ?

Confinement

Je n’ai pas envie d’entre­te­nir le stress tant des parents que des enfants, que ce soient les miens ou les vôtres. Car c’est de stress majeur dont on parle. Et c’est bien connu, le stress est très mau­vais pour notre sys­tème immu­ni­taire. Il nous empêche de lut­ter effi­ca­ce­ment contre ce mau­dit virus (dont je ne dois pas pro­non­cer le nom), qui nous empêche de sor­tir quand on veut où on veut et avec qui on veut.

Mince alors !

Oui, je sais, cer­tains ont déjà quit­té la page en me trai­tant de quelque nom d’oiseau. Mais pour ceux qui sont encore là, et que je remer­cie cha­leu­reu­se­ment, à un mètre de dis­tance, je livre ici ma per­cep­tion de la conti­nui­té péda­go­gique.

Per­sonne n’était pré­pa­ré à cela. Vous pas plus que moi. Nos ados non plus.
Et per­sonne n’en avait envie, c’est clair.

Donc, ce n’est pas en quelques jours que tous les pro­blèmes tech­niques liés aux connexions en masse allaient être réso­lus.
C’est bien la pre­mière rai­son pour les­quelles les pla­te­formes numé­riques des col­lèges et des lycées se sont retrou­vées bru­ta­le­ment saturées.

L’un de mes fils est en Seconde géné­rale au lycée. Depuis une semaine, il n’a pas eu accès à l’ENT (Espace Numé­rique de Tra­vail). Si à la mai­son, nous avons déci­dé de nous confi­ner tous les quatre dès le lun­di matin, la pre­mière chose que je lui ai dite, c’est :

« Le fait que tu n’aies pas accès à l’ENT dans des délais brefs, ne va pas mettre en péril ta sco­la­ri­té ».

Télétravail ?

Je fais par­tie des per­sonnes qui peuvent main­te­nir leur acti­vi­té, donc leur salaire, par le télé­tra­vail. Heu­reu­se­ment d’ailleurs, en pas­sant, car mon conjoint qui tra­vaille exclu­si­ve­ment dans les écoles et col­lèges, c’est « Tu oublies »…

La socié­té dans laquelle je tra­vaille, pré­co­nise depuis plu­sieurs années le télé­tra­vail un jour par semaine, pour les employés qui le sou­haitent. Donc tout était cen­sé bien se pas­ser. Ces der­niers jours ont été très bizarres. C’est simple, entre 13h20 et 16h50, impos­sible d’avoir accès au réseau intra­net, indis­pen­sable à mon acti­vi­té. Et le reste de la jour­née, les temps de réac­ti­vi­té étaient mul­ti­pliés par quatre ou cinq. Mais j’ai choi­si de ne pas m’en inquié­ter, et appa­rem­ment mes col­lègues non plus.

A chaque jour suf­fit sa peine. Comme je l’ai dit à mon fils aîné en classe de Ter­mi­nale, qui se sen­tait vrai­ment très mal mar­di matin, avant même l’entrée en vigueur du confinement :

« Nous allons sur­mon­ter cela ensemble ».

Au cours de la semaine, j’ai :

  • Reçu en tant que parent délé­gué de la classe de Seconde de mon fils, des mes­sages affo­lés de parents, qui vou­laient obte­nir l’adresse mail du pro­fes­seur prin­ci­pal (que je n’ai pas d’ailleurs).
  • Relayé les demandes reçues auprès de la pré­si­dente de l’association de parents d’élèves du lycée à laquelle je suis adhé­rente, et aus­si à la Pro­vi­seure du lycée, avec qui je suis en lien pour la pré­pa­ra­tion du conseil de classe du 2e trimestre.
  • Reçu éga­le­ment des mes­sages par ce blog de per­sonnes qui avaient peur de ne pas arri­ver à gérer le quo­ti­dien avec leurs ados. J’y ai répon­du avec mes moyens.
  • Par­ti­ci­pé à la mise en place de solu­tions de conti­nui­té de rému­né­ra­tions pour des pro­fes­seurs de musique, inter­mit­tents du spec­tacle, pour qu’ils puissent main­te­nir une acti­vi­té en visio-confé­rence quand cela était possible.
  • Accom­pa­gné (presque) tous les jours mon fils aîné dans le jar­din de notre rési­dence, pour faire avec lui quelques passes de vol­ley-ball, alors que j’ai une épaule inva­lide. A la fin de la semaine, je me suis sur­prise à faire des tours de jar­din en petites fou­lées pen­dant que mes fils jouaient ensemble au volley.
  • Repris contact avec mon plus vieil ami qui habite Bar­ce­lone, pour avoir de ses nouvelles.
  • Appe­lé tous les jours un membre de ma famille, seul chez lui ou malade, et mes parents âgés.
  • Pris plai­sir à écou­ter mes deux ados faire de la musique ensemble.
  • Accep­té mes émo­tions indé­si­rables pour mieux pou­voir les éva­cuer et pas­ser à autre chose.

Pour­quoi est-ce que je vous raconte cela ?

Seule­ment pour vous dire que j’ai fait ce que je pen­sais être bon pour moi. Pour me sen­tir bien.

Et aus­si parce je suis un peu attris­tée de vois fleu­rir sur les réseaux sociaux des mes­sages tels que :
« Mais avec mes ados à la mai­son 24 h sur 24, je vais péter un câble. »

Je com­prends que ce genre de phrases aident cer­tains d’entre vous à dédra­ma­ti­ser la situa­tion, mais elles mènent aus­si à une cer­taine forme de sté­réo­type, qui ne favo­rise pas la com­mu­ni­ca­tion parents-ados.

Continuité pédagogique ?

Mon fils aîné me disait il y a quelques jours :
« C’est bizarre, tout le monde est en confi­ne­ment, et plus per­sonne n’a de temps libre. »

Effec­ti­ve­ment, ses amis sont pour la plu­part étu­diants, et ils se retrouvent avec des « devoirs mai­son ». Avec des injonc­tions fortes en termes de délais de la part de leurs pro­fes­seurs. Cer­tains ont beau­coup de dif­fi­cul­tés à « com­prendre » les cours en ligne et sont désemparés.

Je ne vais pas vous don­ner dans cet article la liste des sites à consul­ter pour main­te­nir la conti­nui­té péda­go­gique, car je ne sou­haite pas ali­men­ter votre éven­tuelle crainte que votre enfant ne fasse pas ce qu’il faut, et que vous par­tiez en guerre contre lui pour qu’il fasse ses devoirs.

Atten­tion, je ne dis pas qu’il ne faut pas faire ses devoirs… Mais il est impor­tant de ne pas oublier que chaque enfant est dif­fé­rent, et qu’il a sa propre manière de s’atteler aux taches sco­laires. Cette manière n’est pas for­cé­ment à notre goût, mais il s’agit de leur faire confiance.

Si cer­tains ados ont besoin d’être un peu sti­mu­lés, d’autres ne sup­portent pas que leurs parents se mêlent de ce qu’ils ont à faire, et com­ment ils doivent le faire. On pour­rait se croire en guerre, et comme l’a répé­té à plu­sieurs reprises notre pré­sident, il s’agit de « guerre sani­taire ».

Ain­si, à nous de main­te­nir la paix dans notre confi­ne­ment fami­lial. Ensemble, selon les valeurs que nous vou­lons trans­mettre, et en fai­sant par­ti­ci­per chaque membre de la famille.

Cet article méri­te­rait d’être appro­fon­di sur cer­tains aspects : par exemple la durée du confi­ne­ment. Mais je pré­fère le publier rapi­de­ment, pour avoir vos com­men­taires, et reve­nir vers vous d’i­ci quelques jours. Allez, haut les cœurs !

Bienvenue sur Adolescence Positive !

Photo de Carole Levy

Vous êtes parent, édu­ca­teur ou ani­ma­teur. Vous vous inté­res­sez par­ti­cu­liè­re­ment à la période de l’a­do­les­cence… Vous êtes au bon endroit !

Je m’ap­pelle Carole Levy et je par­tage avec vous mes appren­tis­sages, mes expé­riences et mes connais­sances.

Pour savoir pour­quoi et com­ment, je vous l’ex­plique dans “A pro­pos.”

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