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Mon dernier rendez-vous chez l’ORL m’a rassurée : je suis sourde, avec une perte auditive de plus de 30% dans les fréquences de la parole. Le seul bémol : ce n’est pas dû à mes efforts acharnés pendant mon adolescence, pour y arriver, mais à une malformation à la naissance, qui s’est aggravée au cours du temps.

J’avais pourtant réussi à devenir myope, en lisant régulièrement avec la faible lueur de la télévision, malgré les réflexions désagréables de mes parents : « Allume la lumière, tu vas t’abimer les yeux » . Non mais, je fais ce que je veux de mes yeux et de mes oreilles ! Devenir sourd, c’est à la portée de tout le monde …

Maintenant, j’ai la chance d’avoir des oreilles de rechange, obtenues quelques mois avant mon quarantième anniversaire. Oui, c’est vrai, mes prothèses auditives coûtent le prix d’une petite voiture d’occasion, mais il faut ce qu’il faut. Et elles sont tellement belles … 😉

Ce qu’il faut dire à vos enfants pour devenir sourd

Si vous voulez que vos adolescents aient la chance d’atteindre la surdité comme moi avant quarante ans, et pourquoi pas avant trente ans, voici ce dont il faut les convaincre :

  • Les problèmes d’audition, cela ne concerne que « les vieux de quatre-vingt ans » .
  • Les troubles de l’audition, c’est comme la grippe, cela finit par passer.
  • Porter des protections auditives, cela ne fait pas très stylé, et c’est contraignant.
  • Le système auditif possède une protection naturelle, et il n’est pas nécessaire de le préserver dès son plus jeune âge.
  • On ne peut pas concilier « plaisir d’écoute » et « prendre soin de son oreille« .
  • Il vaut mieux ne pas avoir l’air ridicule en portant des protections d’oreilles, et devenir sourd à 40 ans.
  • Sur les baladeurs numériques, il n’est pas déconseillé d’écouter de la musique à un volume élevé.
  • Lors de concerts en plein air, il est conseillé de se tenir près des enceintes.
  • Après un concert en salle ou en discothèque, il n’est pas nécessaire de se reposer les oreilles pendant 24 heures.
  • Il est conseillé de s’endormir en écoutant de la musique sur son smartphone, avec des oreillettes.
  • Cela ne pose aucun problème d’écouter de la musique sur smartphone, avec des oreillettes, plus d’une heure par jour.

Nos enfants sont de futurs sourds

Vous l’aurez compris, ceci n’est qu’une immense blague, un poisson d’avril décalé dans le temps, qui nage en eaux troubles. TOUT CE QUI PRÉCÈDE EST FAUX , sauf le fait que les prothèses auditives sont hors de prix, et que j’ai réellement une perte auditive de 30%.

D’après l’enquête nationale réalisée en 2015 par l’association « Journée Nationale de l’Audition », un jeune sur deux déclare être concerné par des troubles de l’audition, et 59 % des jeunes attendent que cela passe.

Le système auditif repose sur des mécanismes fragiles, dont le bon fonctionnement dépend en grande partie des cellules sensorielles, appelées « cellules ciliées » , que nous ne savons ni guérir ni remplacer. Elles ne se régénèrent pas par elles-mêmes. Une fois perdues, c’est pour la vie !
Et on ne peut pas acheter une nouvelle paire d’oreilles en « prêt-à-porter » en magasin :

Nos oreilles nous permettent l’accès à la communication sociale, à la parole. Grâce à elles, et au bon fonctionnement de notre système auditif, nous développons nos liens sociaux, l’acquisition des apprentissages, et maîtrisons notre voix. Notre perception auditive nous sert également pour nous alerter d’un danger par le décodage de la provenance d’un son et de l’émetteur de ce son. L’ensemble de ces fonctions contribue à notre bon développement cérébral et à notre état de santé général.

L’enquête menée auprès de la population française dans le cadre de la 17e édition de la Journée Nationale de l’audition, révèle que pour les personnes interrogées, la limitation des capacités auditives agit sur :

  • La vie sociale (à 89%).
  • Les capacités scolaires (à 85%).
  • Le moral ou l’anxiété (à 82%).
  • Les capacités de travail (à 81%).
  • Les capacités d’autonomie (à 77%).
  • L’état de fatigue (à 61%).
  • L’état de santé en général (à 59%).

Les personnes interrogées disent également, que depuis l’apparition de leurs acouphènes :

  • Elles sont plus irritables (à 35%).
  • Elles sont plus anxieuses (à 26%).
  • Elles sont moins gaies (à 22%).
  • Elles s’isolent plus que les autres (à 20%).
  • Elles sont plus dépressives (à 12%).

Les acouphènes perturbent également :

  • La vie sociale (à 24%).
  • La vie familiale (à 21%).
  • La vie professionnelle (à 17%).
  • La vie culturelle (à 16%).

Les 5 clés pour ne pas devenir sourd

La prévention est la meilleure stratégie. Les parents et les enfants interrogés ont proposé 5 clés pour agir :

  • Faire un suivi régulier des capacités auditives de votre enfant. Un test auditif, ou audiogramme, chez un ORL par exemple.
  • Installer une application sur son smartphone, pour indiquer tout dépassement du niveau de son acceptable.
  • Des campagnes de communication « choc » à « l’anglo-saxonne » . Les jeunes souhaitent des messages émotionnels représentant la douleur et le choc émotionnel. Des campagnes qui les touchent dans leurs émotions, au-delà des messages intellectuels. Des témoignages de jeunes touchés par les troubles de l’audition ainsi que des témoignages d’artistes sont aussi souhaités.
  • Des distributions systématiques de protections auditives peuvent être une solution mais en les rendant « plus fun ». Car selon eux, les bouchons cela fait « ringard ».
  • Les professeurs de SVT et la médecine scolaire sont plébiscités par 75 % des jeunes pour leur délivrer les messages de prévention à l’école.

Et vous, qu’êtes-vous prêt à faire pour éviter une surdité précoce à vos enfants, ou à vous-même ? N’hésitez pas à partager dans les commentaires ci-dessous.

Pour aller plus loin :

Crédits photographiques : Ovi C.

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