Je râle tout le temps sur mon ado (1ere partie)

Crédits photo : Petra, Carole Levy

En tant que parent d’adolescent, tu es, c’est le moins qu’on puisse dire, en « for­ma­tion conti­nue ». Quand un pro­blème semble avoir été réglé, il res­sur­git, ou cède sa place à une nou­velle forme de conflit, te lais­sant par­fois dans un état d’épui­se­ment men­tal et/ou phy­sique. C’est le cas pour moi … et je râle tout le temps sur mon ado, sur mon conjoint, sur le voi­sin, sur la cais­sière du Lea­der Price, etc. Enfin tout le temps, peut-être pas, mais pas mal quand même !

J’ai donc vu une fenêtre s’ouvrir quand j’ai com­men­cé à suivre les ate­liers : « J’arrête de râler sur mes enfants (et mon conjoint) ».

Je ne vais pas t’écrire dans le détail tout ce que ces ate­liers enseignent, mais plu­tôt te par­ta­ger les chan­ge­ments qu’ils ont induits dans ma vie de famille, ceci dès le départ.

Définition du verbe « râler »

Râler, c’est rem­plir au moins l’une des trois condi­tions sui­vantes quand je m’adresse à l’autre :

  • Le ton uti­li­sé est agres­sif.
  • Le posi­tion­ne­ment du corps ou les gestes sont accu­sa­teurs.
  • Les pro­pos uti­li­sés mélangent les « tou­jours » , les « jamais » , ou les « cent fois » .

Je croyais alors for­mu­ler mes demandes à mes ados sans « râler » …
Cepen­dant, dans la semaine qui a sui­vi le pre­mier ate­lier, je me suis retrou­vée dans une situa­tion qui m’a marquée :

J’expliquais à mes ados ce que j’attendais d’eux pour la suite de la soi­rée, en uti­li­sant mes mains, com­ment dire … avec une grande « convic­tion ». Mon fils aîné a alors mimé mes grands gestes. Ce n’était pas la pre­mière fois que cela arri­vait, et j’avais alors ten­dance à « prendre la mouche ». Au lieu de cela, j’ai réa­li­sé que mes grands gestes créaient un « décro­chage » de sa part, et donc un refus de coopé­rer.

Pourquoi je râle tout le temps

Nous râlons, tra­di­tion oblige, entre trente et soixante fois par jour. Râler donne pour­tant le pou­voir à l’autre de nous satis­faire (ou pas).

C’est en détec­tant les causes pro­fondes du fait de râler, que j’ai pu faire un pre­mier pas vers le chan­ge­ment.

J’ai réflé­chi à des situa­tions qui me font râler sur mes ados, sur mon conjoint, et sur le fait d’être parent, et leurs causes profondes.

Situation 1 « Je râle sur mon ado » : il ne s’investit plus scolairement

Cause pro­fonde : J’ai peur qu’il ne puisse pas s’assumer finan­ciè­re­ment plus tard, et de ne pas être en mesure de le soutenir.

Situation 2 « Je râle sur mon ado » : il gesticule quand je lui parle

Cause pro­fonde : Je pense qu’il me manque de res­pect, et qu’il man­que­ra de res­pect aux autres en société.

Situation 3 « Je râle sur mon conjoint » : JOKER !

Situation 4 « Je râle sur le fait d’être parent » : j’ai trop de choses à gérer

Cause pro­fonde : Je veux être par­faite et tout contrô­ler, car je ne pense pas être capable de gérer les imprévus.

Situation 5 « Je râle sur le fait d’être parent » : je ne reçois pas assez d’aide pour les tâches ménagères

Causes pro­fondes :

  • Je ne sais pas deman­der sans râler de l’aide quand je suis fatiguée.
  • Je trouve que mes ados et mon conjoint devraient se rendre compte que j’ai besoin d’aide.
  • Je me sens enfer­mée dans le cli­ché de la femme qui fait tout à la maison.

JE ME SUIS APERÇUE PAR CET EXERCICE QUE JE RÂLE (tout le temps) PARCE QUE J’AI PEUR DE CE QUI POURRAIT ARRIVER

Les 5 distinctions indispensables pour arrêter de râler

Pour­quoi arrê­ter de râler ? Tout sim­ple­ment pour plus de plai­sir en famille, et pour sor­tir d’é­ven­tuelles impasses.
Au préa­lable, il est néces­saire d’i­den­ti­fier tes « zones rouges », à savoir, les situa­tions qui te mettent hors de toi, afin d’envisager d’autres possibilités.

Comme le disait Albert Einstein :

« La folie, c’est de se com­por­ter de la même manière et s’attendre à un résul­tat dif­fé­rent ».

Ensuite, il faut aller plus loin que tes besoins de base (accom­plis­se­ment, estime, appar­te­nance, sécu­ri­té, phy­sio­lo­giques) non satis­faits, et dis­tin­guer si « Je peux chan­ger (ou pas) la situa­tion », avant de pas­ser à l’action (ou pas).

Voi­ci un sché­ma pour illus­trer les 5 dis­tinc­tions possibles :

Sché­ma des 5 types (dis­tinc­tions) de situa­tion pos­sibles lorsque l’on passe en “zone rouge”

La situation ne peut pas être changée

Tu peux lâcher prise, car râler ne va rien t’apporter.
Exemple : Les horaires du club de sport de ton ado ne t’arrangent pas dans ton orga­ni­sa­tion personnelle.

La situation peut être changée (Champagne !), elle dépend des autres, et tu passes à l’action

Tu com­mu­niques de manière à ce que cette situa­tion puisse chan­ger.
Exemple : Ton ado gri­gnote dans les plats que tu viens de sor­tir du four, dès que tu as le dos tour­né.

La situation peut être changée, elle dépend des autres, et tu ne passes pas à l’action

Tu ne te sens pas prêt à entrer dans une Com­mu­ni­ca­tion Non Vio­lente, et per­sonne ne peut t’en blâ­mer, sur­tout pas toi.

La situation peut être changée (Youpi !), elle dépend de toi et tu passes à l’action

Tu déter­mines la manière dont tu vas pas­ser à l’action.
Exemple : Pour avoir plus d’aide dans les tâches ména­gères au quo­ti­dien, tu mets une musique entrai­nante pour les faire dans la bonne humeur.

La situation peut être changée, elle dépend de toi, et tu ne passes pas à l’action

Tu peux choi­sir de lâcher prise et de ne pas agir, du moins pour le moment.
Exemple : Tu ne t’es pas ren­due à ta séance d’aquagym et tu le regrettes.

En effet, tu ne pour­ras pas chan­ger sur tout, du jour au len­de­main. Il faut donc choi­sir tes com­bats et avan­cer petit à petit.

En conclu­sion, si râler, c’est avoir quelque chose ou quelqu’un à haïr, il est d’abord néces­saire d’avoir plus de bien­veillance envers soi-même, et accep­ter que le chan­ge­ment vienne de soi, et que même s’il ne parait pas évident au départ, ce chan­ge­ment se fera de plus en plus naturellement.

Et toi, est-ce que tu râle‑s tout le temps ? Quelles sont tes « zones rouges », et leurs causes pro­fondes asso­ciées ?
Que peux-tu y changer ?

N’hésite pas à par­ta­ger dans les commentaires.

Bienvenue sur Adolescence Positive !

Photo de Carole Levy

Vous êtes parent, édu­ca­teur ou ani­ma­teur. Vous vous inté­res­sez par­ti­cu­liè­re­ment à la période de l’a­do­les­cence… Vous êtes au bon endroit !

Je m’ap­pelle Carole Levy et je par­tage avec vous mes appren­tis­sages, mes expé­riences et mes connais­sances.

Pour savoir pour­quoi et com­ment, je vous l’ex­plique dans “A pro­pos.”

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