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En ces temps troublés de confinement, on voit fleurir sur les réseaux sociaux toutes sortes d’injonctions.
Je ne vous parle pas des informations diffusées à la télévision, car cela fait plus de cinq ans que je suis en « diète » de ce type de médias.

De nombreux moyens d’apprentissage sont mis à disposition gratuitement par des plateformes habituellement payantes, pour aider nos chers enfants à maintenir la continuité pédagogique.
Tout le monde est sur le pied de guerre.
Au début, je faisais suivre ces informations sur ma page Facebook, mais là franchement, je n’en ai plus envie … Il y en a trop, vous ne trouvez pas ?

Je n’ai pas envie d’entretenir le stress tant des parents que des enfants, que ce soient les miens ou les vôtres.
Car c’est de stress majeur dont on parle. Et c’est bien connu, le stress est très mauvais pour notre système immunitaire, pour lutter contre ce maudit virus (dont je ne dois pas prononcer le nom), qui nous empêche de sortir quand on veut où on veut et avec qui on veut.
Mince alors !
Oui, je sais, certains ont déjà quitté la page en me traitant de quelque nom d’oiseau, mais pour ceux qui sont encore là, et que je remercie chaleureusement, mais à un mètre de distance, je livre ici ma perception de la continuité pédagogique.

Personne n’était préparé à cela. Vous pas plus que moi. Nos ados non plus.
Et personne n’en avait envie, c’est clair.
Donc, ce n’est pas en quelques jours que tous les problèmes techniques liés aux connexions en masse allaient être résolus.
C’est bien la première raison pour lesquelles les plateformes numériques des collèges et des lycées se sont retrouvées brutalement saturées.

L’un de mes fils est en Seconde générale au lycée, et depuis une semaine, il n’a pas eu accès à l’ENT (Espace Numérique de Travail).
Si à la maison, nous avons décidé de nous confiner tous les quatre dès le lundi matin, la première chose que je lui ai dite, c’est :
« Le fait que tu n’aies pas accès à l’ENT dans des délais brefs ne va pas mettre en péril ta scolarité ».

Je fais partie des personnes qui peuvent maintenir leur activité, donc leur salaire, par le télétravail. Heureusement d’ailleurs, en passant, car mon conjoint qui travaille exclusivement dans les écoles et collèges, c’est « Tu oublies » …
La société dans laquelle je suis salariée préconise déjà depuis plusieurs années le télétravail un jour par semaine, pour les employés qui le souhaitent, donc tout était censé bien se passer. Ces derniers jours ont été très bizarres. C’est simple, entre 13h20 et 16h50, impossible d’avoir accès au réseau intranet, indispensable à mon activité. Et le reste de la journée, les temps de réactivité étaient multipliés par quatre ou cinq. Mais j’ai choisi de ne pas m’en inquiéter, et apparemment mes collègues non plus.

A chaque jour suffit sa peine, et comme je l’ai dit à mon fils aîné en classe de Terminale, qui se sentait vraiment très mal mardi matin, avant même l’entrée en vigueur du confinement :
« Nous allons surmonter cela ensemble ».

Toute la semaine, j’ai reçu en tant que parent délégué de la classe de Seconde de mon fils, des messages affolés de parents, qui voulaient obtenir l’adresse mail du professeur principal (que je n’ai pas d’ailleurs).
J’ai relayé les demandes reçues auprès de la présidente de l’association de parents d’élèves du lycée à laquelle je suis adhérente, et aussi à la Proviseure du lycée, avec qui je suis en lien pour la préparation du conseil de classe du 2e trimestre.
J’ai également reçu des messages par ce blog de personnes qui avaient peur de ne pas arriver à gérer le quotidien avec leurs ados. J’y ai répondu avec mes moyens.
J’ai participé à la mise en place de solutions de continuité de rémunérations pour des professeurs de musique, intermittents du spectacle, pour qu’ils puissent maintenir une activité en visio-conférence quand cela était possible.
J’ai accompagné (presque) tous les jours mon fils aîné dans le jardin de notre résidence, pour faire avec lui quelques passes de volley-ball, alors que j’ai une épaule invalide. A la fin de la semaine, je me suis surprise à faire des tours de jardin en petites foulées pendant que mes fils jouaient ensemble au volley.
J’ai repris contact avec mon plus vieil ami qui habite Barcelone, pour avoir de ses nouvelles.
J’ai appelé tous les jours un membre de ma famille, seul chez lui ou malade, et mes parents âgés.
J’ai pris plaisir à écouter mes deux ados faire de la musique ensemble.
J’ai accepté mes émotions indésirables pour mieux pouvoir les évacuer et passer à autre chose.

Pourquoi est-ce que je vous raconte cela ?
Seulement pour vous dire que j’ai fait ce que je pensais être bon pour moi. Pour me sentir bien.
Et aussi parce je suis un peu attristée de vois fleurir sur les réseaux sociaux des messages tels que :
« Mais avec mes ados à la maison 24 h sur 24, je vais péter un câble ».
Je comprends que ce genre de phrases aident certains d’entre vous à dédramatiser la situation, mais elles mènent aussi à une certaine forme de stéréotype, qui ne favorise pas la communication parents-ados.

Mon fils aîné me disait il y a quelques jours :
« C’est bizarre, tout le monde est en confinement, et plus personne n’a de temps libre ».
Effectivement, ses amis sont pour la plupart étudiants, et ils se retrouvent avec des « devoirs maison », avec des injonctions fortes en termes de délais de la part de leurs professeurs. Certains ont beaucoup de difficultés à « comprendre » les cours en ligne et sont désemparés.
Je ne vais pas vous donner dans cet article la liste des sites à consulter pour maintenir la continuité pédagogique, car je ne souhaite pas alimenter votre éventuelle crainte que votre enfant ne fasse pas ce qu’il faut, et que vous partiez en guerre contre lui pour qu’il fasse ses devoirs.
Attention, je ne dis pas qu’il ne faut pas faire ses devoirs … Mais il est important de ne pas oublier que chaque enfant est différent, et qu’il a sa propre manière de s’atteler aux taches scolaires. Cette manière n’est pas forcément à notre goût, mais il s’agit de leur faire confiance.
Si certains ados ont besoin d’être un peu stimulés, d’autres ne supportent pas que leurs parents se mêlent de ce qu’ils ont à faire, et comment ils doivent le faire.
On pourrait se croire en guerre, et comme l’a répété à plusieurs reprises notre président, il s’agit de « guerre sanitaire ».

Ainsi, à nous de maintenir la paix dans notre confinement familial. Ensemble, selon les valeurs que nous voulons transmettre, et en faisant participer chaque membre de la famille.

Cet article mériterait d’être approfondi sur certains aspects, par exemple la durée du confinement, mais je préfère le publier rapidement, pour avoir vos retours sur ce que vous en pensez, et revenir vers vous d’ici quelques jours.
Allez, haut les coeurs !

Crédits photographiques : Stephanie Ghesquier

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